AUX ORIGINES DES COLLECTIONS PATRIMONIALES DES BIBLIOTHÈQUES UNIVERSITAIRES : UNIVERSITÉ PAUL SABATIER
Sommaire du catalogue
Catalogue
- Les Toulousains : rescapés de l'incendie et apports universitaires
- Ecole supérieure de pharmacie de Paris
- Faculté de médecine de Paris
- Bibliothèque Sainte-Geneviève
- Académie de médecine de Paris
- Ecole de médecine de Montpellier
- Bibliothèque universitaire de Bordeaux
- Ecole de médecine de Limoges
- Ecole de médecine de Marseille
- Bibliothèque universitaire de Leipzig
- Bibliothèque universitaire d'Utrecht
- Conservatoire de botanique de Genève
- Bibliothèque universitaire d'Oslo
- Dons de particuliers (Sécheyron, Privat, Fock, L'Homme, Bergougnoux)
- Société de médecine de Toulouse
- Société d'histoire naturelle de Toulouse
En 1997, le Service du livre ancien présentait une exposition consacrée à l'origine des collections patrimoniales de la bibliothèque universitaire de l'Arsenal (Toulouse I). Vincent Chappuis, qui avait réalisé cette exposition, prévoyait et annonçait dès ce moment dans l'introduction du catalogue un deuxième volet consacré aux bibliothèques de Toulouse III. Son départ, puis d'autres impératifs ont conduit à repousser un certain temps la réalisation de cette deuxième exposition.
Pourtant, le sujet ne manquait ni d'intérêt ni de matière. Certes, l'importance numérique des collections antérieures à 1815 dans l'université Paul Sabatier n'est pas comparable à celle des fonds anciens de Toulouse I : 7 000 volumes environ pour
Toulouse III contre 40 000 pour Toulouse I. Mais les provenances fort variées de ces ouvrages leur confèrent un attrait tout particulier pour qui s'intéresse à l'histoire des marques de possession et de la constitution des bibliothèques. En effet, comme nous le développerons plus loin, la quasi totalité des fonds anciens de la bibliothèque universitaire de Sciences et Santé ont péri dans l'incendie qui dévasta les bâtiments de la faculté en 1910. A la suite de quoi un formidable élan de solidarité permit de reconstituer une collection, grâce à l'afflux des dons français ou étrangers. Ainsi, point de collection importante issue des confiscations révolutionnaires, peu de belles reliures armoriées et de provenances prestigieuses, peu d'éditions très rares. Mais d'un événement catastrophique, l'incendie de 1910, est née une collection d'une grande richesse par la variété des anciens possesseurs et les marques qu'ils ont laissées : ex-libris, annotations, cachets permettent de retracer au moins en partie le parcours de ces ouvrages à travers les siècles, et en font, au-delà de leur contenu, des témoins vivants d'une histoire du livre vue sous l'angle des possesseurs.
C'est donc avec grand plaisir que j'ai pu reprendre ce projet, avec la collaboration de l'équipe du Service du livre ancien. Le résultat est une exposition de quelque soixante ouvrages, présentée aujourd'hui dans les locaux de la bibliothèque universitaire de Santé, à Rangueil.
Les livres sélectionnés sont représentatifs des provenances diverses des ouvrages qui composent la collection ancienne du Service Commun de Documentation de Toulouse III, sections Sciences et Santé confondues. Signalons néanmoins que le fonds de l'Observatoire de Midi-Pyrénées, qui a rejoint cette année les collections du SCD, n'a pu être pris en considération pour des raisons de temps et de limitation nécessaire de l'ampleur de l'exposition.
Le choix n'a pas été facile, car une foule de possesseurs différents ont contribué à la formation des collections anciennes de l'université Paul Sabatier. Nous avons cherché à présenter un maximum d'institutions donatrices et de particuliers, mais il était aussi logique de privilégier les ensembles les plus importants. Et l'intérêt des ouvrages, leur aspect visuel ou leur état matériel ayant aussi joué, certains donateurs ne sont pas présents à travers les livres que nous avons choisi d'exposer : la Sorbonne, l'Ecole des mines de Saint-Etienne, l'université de Nancy par exemple, ainsi que bien des particuliers.
Que cette exposition soit néanmoins un hommage à tous ceux qui, par leur générosité, ont constitué le patrimoine livresque qui est aujourd'hui celui de l'université Paul Sabatier.
L'enseignement de la médecine et des sciences à Toulouse
Le Moyen Age
Enseignée dès les débuts de l'université à Toulouse, en 1229, la médecine faisait alors partie de la Faculté des Arts. Il est difficile de préciser à quelle époque les trois enseignements, grammaire, logique et médecine, devinrent distincts, mais il semble que la distinction de la médecine de la Faculté des Arts soit faite dans les statuts de 1410. En revanche, l'enseignement des sciences, d'ailleurs peu important, allait resté agrégé à la faculté des arts jusqu'à la Révolution.
Nous avons peu de renseignements sur l'enseignement de la médecine et l'organisation de la faculté aux siècles suivants, jusqu'au XVème siècle inclus. On ne possède que, de loin en loin, des ordonnances interdisant la médecine à quiconque n'a pas passé les degrés, et quelques mentions de professeurs.
L'Ancien régime
Au XVIe siècle, Toulouse eut des maîtres éminents, tel Augier Ferrier, favori de Catherine de Médicis, professeur de médecine à l'université de 1581 à 1588.
Par édit d'août 1604, le roi institua, en sus des deux chaires primitives, une chaire spéciale pour la chirurgie et la pharmacie.
En 1667, le roi nomma des commissaires qui rendirent rapport sur l'université toulousaine en 1668. Le déclin y est patent : la faculté de médecine n'avait qu'une trentaine d'étudiants et trois maîtres. Les degrés étaient accordés sans respect des statuts et avec beaucoup de relâchement, pourvu qu'on ait payé les droits. Quant aux professeurs, ils manquaient d'assiduité.
En 1705, une quatrième chaire fut créée à la Faculté de médecine, consacrée à l'anatomie et à la chirurgie. La troisième chaire, auparavant de chirurgie et pharmacie, se transforma alors en chimie et pharmacie. Une cinquième chaire, dite de médecine pratique, fut instituée en 1773.
Signalons, en marge de l'université, la création d'un Collège royal de chirurgie en 1761. En effet, la Faculté de médecine maintenait la distinction traditionnelle entre médecins et chirurgiens-barbiers, ces derniers étant peu considérés.
Quant aux sciences, peu reconnues au sein de la Faculté des Arts, elles faisaient aussi l'objet de cours en dehors de l'université, au sein du Collège royal qui dispensait des cours de mathématiques, physique expérimentale et chimie.
La période révolutionnaire
En 1789, l'ensemble des facultés de France périclitait, par insuffisance d'organisation et de moyens. Comme les autres universités françaises, celle de Toulouse disparut en 1793.
Le 22 novembre 1793, l'administration départementale donna plein pouvoirs au citoyen Delherm pour organiser un nouvel enseignement. Ainsi, en 1794 fut créé l'institut Paganel, du nom d'un représentant du peuple qui contresigna le décret de création. Dès le 24 février 1794, les étudiants en médecine purent suivre les cours dans le bel hôtel de l'Académie des sciences, rue des Fleurs, et dans le jardin attenant. Il étaient également encouragés à suivre les cours de physique expérimentale et de chimie au collège national. Les anciens professeurs de la faculté y enseignaient diverses matières, dont chirurgie, mathématiques, physique, chimie, botanique.
De plus, en 1796 fut créée l'Ecole Centrale qui, devant remplacer l'enseignement provisoire de l'institut Paganel, coexista finalement avec lui. Elle comprenait un cabinet d'histoire naturelle, un cabinet de physique et de chimie, un jardin botanique.
En 1801, la Société de médecine de Toulouse vit le jour. Elle recueillit la section médecine de l'Institut Paganel, et s'installa d'ailleurs dans le local précédemment occupé par les écoles de la Faculté de médecine. Mais la Société de médecine ne pouvait délivrer de diplômes. Elle demanda et obtint le 1er mai 1806 la transformation de ses cours en Ecole impériale de médecine et de chirurgie. L'inauguration de cette nouvelle école eut lieu le 7 mai 1807.
Pour ce qui est des sciences, elles obtinrent une faculté indépendante dans l'organisation universitaire de 1810, qui instituait à Toulouse quatre facultés : théologie, droit, sciences et lettres. La toute nouvelle faculté des sciences était alors pourvue de quatre chaires : mathématiques pures, mathématiques appliquées, physique et Histoire naturelle. Elle était installée rue Lakanal, dans l'immeuble qui logeait alors aussi la Bibliothèque municipale.
Une cinquième chaire fut instituée en 1813 pour la chimie, puis d'autres, jusqu'à huit au total.
Cette faculté cependant attirait peu d'étudiants réguliers.
Le XIXème siècle
En 1820, l'école impériale de médecine et de chirurgie de Toulouse prit le nom d'Ecole secondaire de médecine. Malgré les demandes et les promesses des différents régimes en ce sens, il fallut attendre 1891 pour qu'un décret institue la Faculté mixte de médecine et de pharmacie.
Le désir d'améliorer l'enseignement secondaire public amena après 1879 à songer aux facultés des sciences et des lettres, et des aides permirent donc d'améliorer la situation de l'enseignement des sciences. En 1879 et 1880, des projets de nouvelles constructions furent soumis au Conseil de la faculté. On prévoyait l'édification de deux facultés de sciences et de médecine derrière la basilique Saint-Sernin. Après diverses tergiversations, la Faculté des sciences fut implantée sur les allées Saint-Michel, à côté de celle de médecine qui s'y était installée dès 1837. Les cours y commencèrent en 1887.
De plus, à partir de 1894, l'obligation pour les étudiants s'inscrivant en médecine d'avoir un certificat de sciences physiques, chimiques et naturelles, augmenta les effectifs étudiants en sciences.
Les bibliothèques : locaux et collections
Les origines
Avant la Révolution, les facultés ne disposaient guère de véritables bibliothèques, mis à part justement la faculté de médecine qui semble en avoir possédé une petite, ouverte aux étudiants le jeudi exclusivement.
Après la reconstitution de l'enseignement supérieur en 1808, plusieurs années s'écoulèrent avant que les facultés fussent dotées d'une bibliothèque. Comme avant la Révolution, professeurs et étudiants n'avaient à leur disposition que les volumes de la bibliothèque municipale ou de quelques établissements religieux. Il faut dire que l'exiguïté des locaux et leur vétusté se prêtait mal à l'installation de salles de lecture dignes de ce nom.
En 1822, un crédit fut ouvert pour l'achat de livres pour les bibliothèques des facultés. Mais seule la faculté de droit disposait alors d'un local, et il fallut avant de songer aux acquisitions en trouver un pour les lettres et sciences.
Ceci fait, les bibliothèques des différentes facultés connurent un accroissement lent, lié à des crédits assez maigres et jugés insuffisants par les responsables. Après 1840 néanmoins, l'Ecole de médecine reçut plusieurs dons qui lui permirent d'accroître sa bibliothèque. En 1859-1860, le professeur Magnes offrit 250 volumes. La bibliothèque particulière du docteur Delaye intégra les collections de l'Ecole de médecine en 1877.
La bibliothèque universitaire section Sciences-santé
Dès 1855, un arrêté avait prescrit la réunion des bibliothèques des facultés en un seul établissement. Néanmoins, il fallut attendre 1879 pour voir créer la bibliothèque universitaire de Toulouse, avec deux sections : la section lettres-sciences, dont les fonds furent réunis dans les locaux de l'ancienne faculté de lettres en 1880, et la section droit.
En 1891, après l'érection de l'Ecole de médecine en faculté et son installation dans les nouveaux locaux des allées Jules Guesde, la construction toute proche de la Faculté de sciences permit le rapprochement de leurs collections. La bibliothèque universitaire fut alors divisée en deux grandes sections : section médecine-sciences au 1er étage de la Faculté de médecine, section droit-lettres au 1er étage de la Faculté de droit.
Le bâtiment qui abritait la bibliothèque sciences-santé était imposant, mais l'installation sommaire dans les premiers temps. L'aménagement définitif ne fut réalisé qu'en 1895. La salle de lecture, vaste pièce de 19,85 m sur 11,20m, était éclairée par sept croisées et desservie par une galerie courant sur les quatre murs. Il y avait en outre un magasin (un deuxième fut affecté à la bibliothèque en 1907), une salle de lecture pour les professeurs et deux cabinets pour le personnel. Cette bibliothèque allait malheureusement bientôt essuyer un véritable désastre.
L'incendie de 1910 et ses suites
Le matin du 27 octobre 1910, un câble électrique rompu sur le toit de la bibliothèque mit feu à la toiture, et l'incendie ravagea rapidement les bâtiments. La violence du vent empêcha les pompiers d'intervenir efficacement, et le feu détruisit, avec les locaux, une grande partie des collections qu'ils abritaient.
Après étude détaillée des pertes, il apparaîtra que seuls 955 volumes ont été sauvés : ils se trouvaient soit chez des lecteurs, soit chez des relieurs, soit dans le cabinet du bibliothécaire, épargné par l'incendie.
Des mesures furent prises immédiatement pour préparer la reconstitution des collections :
- demande adressée aux doyens des Facultés de Droit et de Lettres pour aider au remplacement des exemplaires de thèses destinés à être expédiés et qui avaient été détruits.
- rédaction d'une circulaire pour demander aux éditeurs, et même aux établissements échangeant avec la bibliothèque de Toulouse, de vouloir bien fournir gratuitement les numéros de périodiques détruits et relatifs à l'année 1910, ou du moins au volume en cours.
- autre circulaire pour prier les emprunteurs possibles de livres appartenant à la section médecine-sciences, de donner les listes des ouvrages qui étaient entre leurs mains.
- une autre pour demander à toutes les universités et sociétés savantes, en particulier à celles qui étaient en relations d'échanges avec Toulouse, d'aider à réparer les pertes en offrant leurs recueils, leurs doubles, les travaux de leurs membres.
- une autre enfin pour demander à tous les docteurs en médecine, en pharmacie, en sciences un exemplaire de leurs thèses et des ouvrages qu'ils avaient publiés.
Certains professeurs s'offrirent spontanément pour, grâce à leur crédit, obtenir des remises auprès des éditeurs et des dons. Ainsi, M. P. Vigot proposa de faire une demande auprès du Cercle de la librairie, pour obtenir de ce cercle qu'il demande à tous les éditeurs de contribuer à la reconstitution des collections en donnant des ouvrages de leurs fonds. Même offre fut faite par M. Staat, libraire à Strasbourg, qui voulait bien se charger d'adresser, au nom de l'université, une demande aux libraires et même aux bouquinistes allemands.
Par ailleurs, le ministre annonça très vite qu'il mettait à disposition de l'université de Toulouse un crédit de 20 000 F pour aider à reconstituer la section médecine-sciences.
Les premiers dons affluèrent également rapidement : dès la séance de la Commission de la bibliothèque du 19 novembre 1910, on annonçait que le doyen Jeannel, les professeurs André, Mossé, Marie, le docteur Chabot et M; Edouard Privat avaient offert un grand nombre de volumes.
Les dons continuèrent, ainsi que les achats. Le 13 janvier 1911, M. Crouzel avançait les chiffres de 1 588 volumes achetés depuis l'incendie, et 8 761 reçus en dons. Le 10 mars, les dons étaient passés à 11 435 volumes, et on annonçait encore l'envoi imminent de 2 000 volumes par la bibliothèque universitaire de Bordeaux, et d'autant par le Docteur Jutet, de Lyon.
Le 29 mars 1912, le registre d'inventaire, qui comptait 11 900 numéros avant l'incendie, était à 10500 numéros, et encore les thèses n'avaient-elles pas encore été inscrites. On estimait donc alors que les collections avaient retrouvé leur importance numérique d'avant l'incendie, du moins pour le nombre de cote, car certaines collections n'étaient encore présentes que par fragments.
En 1913, la bibliothèque recevait encore des dons, bien qu'ils aient tendance à s'espacer. Ainsi arrivèrent cette année-là 170 colis de 5 kilos en provenance de l'Ecole de médecine de Marseille. Ironie, certains dons, envoyés en double, finissaient par encombrer et l'on cherchait à les redonner à d'autres institutions !
Les collections patrimoniales
Les collections patrimoniales, comme le reste, avaient presque entièrement disparu dans l'incendie. Mais si elles n'étaient guère reconstituables par achat (d'autant que ce n'était pas la priorité), elles bénéficièrent comme les collections plus récentes des dons nombreux qui affluèrent de toutes parts : grandes bibliothèques parisiennes, facultés de médecine ou écoles scientifiques de province, universités étrangères permirent de reconstituer un ensemble intéressant.
A cela s'ajouta dans les années 1920 l'entrée de fonds importants et comportant nombre de livres antérieurs à 1815 :
- en 1919, don du fonds Dominique Clos : 868 vol. de botanique, dont un certain nombre de livres anciens.
- en 1920, don du fonds Garrigou, soit 264 volumes et 1 312 brochures sur l'hydrologie (noyau de l'actuel fond thermal)
- en 1922, 1 464 volumes donnés par la société de médecine de Toulouse.
En outre, en 1920, la Société d'histoire naturelle de Toulouse demanda le transfert de sa bibliothèque à la section médecine-sciences de la bibliothèque universitaire. 180 caisses de livres, comprenant plus de 7 000 volumes, furent ainsi transportés à la bibliothèque de Sciences et Santé au cours de l'année 1920-21.
Par la suite, quelques achats vinrent compléter les collections et le font encore, mais aucune autre entrée importante n'est à signaler avant le dépôt, effectué cette année, des collections de l'Observatoire de Midi-Pyrénées.
Lors de l'installation de la faculté des Sciences sur le campus de Rangueil, les collections anciennes furent scindées, les livres de médecine demeurant seuls dans les locaux des allées Jules Guesde. Néanmoins, volumes anciens de sciences et de médecine sont aujourd'hui en passe d'être à nouveau réunis dans leur lieu de conservation originel, la bibliothèque des Allées Jules Guesde, dont l'écrin chargé d'histoire convient assurément à ces ouvrages séculaires.
Les Toulousains : rescapés et apports ultérieurs
Les livres appartenant à la bibliothèque n'ont pas péri dans leur totalité lors de l'incendie de 1910. Il en restait exactement 955, conservés à part, à la reliure ou en prêt au moment du désastre. Certains ouvrages anciens, rangés dans le cabinet du bibliothécaire, ont ainsi échappé au feu.
A la succincte sélection que nous avons opérée parmi ces ouvrages, nous ajoutons ici des volumes du fonds religieux de la ville, parvenus à la bibliothèque des Allées Jules Guesde après un passage par la section Droit-lettres de la rue du Taur.
Res Med 126 674
Queyratz (Jean de)
Bref recueil des remedes les plus experimentez, pour se preserver, & guerir de la peste. Par Mre. Jean de Queyratz, professeur du roy en l'université de Toulouse. - A Tolose : Par Fr. Boude, 1652. - In-12.
Ex-libris : "Bibliothèque du Docteur Rességuet".
Provenance : anciennes collections de la bibliothèque universitaire.
Jean de Queyratz était docteur en philosophie et en médecine. Né dans le diocèse de Carpentras, il avait étudié la médecine à Montpellier. Licencié en 1592, il fut reçu docteur en 1593. Après avoir pratiqué quelque temps la médecine en Languedoc, il vint se fixer à Toulouse, sans doute dès 1602. En 1604, il reçut du roi la chaire nouvellement créée de professeur de pharmacie et chirurgie. Mais la création de cette chaire suscita de tels remous que Queyratz ne put l'occuper qu'en 1610. En 1612, il brigua et obtint une chaire de médecine. Il prit une part active à la vie de la faculté, dont il fut aussi régent. Il mourut le 8 janvier 1642, selon la mention qui figure sous son portrait dans la salle des thèses de l'université.
La première édition de cet ouvrage date de 1628. Une épidémie ravageait alors les alentours de Toulouse. Queyratz, qui parlait de ce mal à ses écoliers, assembla en un volume ses leçons à ce sujet, compilation des doctrines et des recettes de ses contemporains. Voici ce qu'il en dit : "L'année passée, enseignant la curation des fièvres à mes escholiers, je fis aussi mention de celle de la fièvre pestilente, leur montrant sa nature, ses différences, ses causes, ses signes, sa précaution et sa curation ; le plus succinctement et le plus clairement qu'il me fust possible, j'ay esté obligé de revoir ce que j'en avois dit publiquement dans les Escoles : et ay jugé ce que j'avais donné à mes escholiers pour s'en servir en leur pratique particulière, ne devoir estre caché au public : principalement puisque de toutes parts on nous demande des advis, et que c'est le souhait de tout le monde d'avoir moyen de se pouvoir conserver contre un si puissant ennemy...". L'ouvrage fut édité aux frais de la ville.
En 1652-1653, Toulouse connut à nouveau une terrible épidémie de peste, qui fit 4000 morts, soit environ le dixième de la population. C'est dans les débuts de cet épisode que Louis Queyratz, fils de Jean, réédita le Bref recueil des remedes les plus experimentez, pour se preserver, & guerir de la peste à la demande des capitouls.
L'exemplaire présenté porte une inscription à l'encre sur la reliure : "Queyratz (Jean) De la peste 2me edition 1652. Toulouse", et dans une découpe du parchemin : "son fils Louis Queyratz professeur après lui : De vulneribus capitis en 1657".
On notera en outre, sur la page de titre, l'ex-libris du Docteur Rességuet, professeur à l'Ecole préparatoire de Toulouse à la fin du XIXe siècle.
Res Med 126 671
Purpan (Pons François)
Codex medicamentarius, seu, Pharmacopoea Tolosana, amplissimi senatus autoritate munita, ex mandato nobilissimorum et vigilantissimorum capitolinorum in lucem edita, decano professorum facultatis medicæ, Pontio Francisco Purpan. In hoc codice describuntur medicamenta simplicia & composita, quæ à Pharmacopoeis Tolosatibus confici, & in eorum officinis asservari debent, pro salute civium. - Tolosæ : apud Arnaldum Colomerium, 1648. - In-4.
Ex-libris manuscrit du Docteur Rességuet. Cachet "Dubor professeur en médecine".
Provenance : anciennes collections de la bibliothèque universitaire.
Pons François Purpan (15??-1660) était fils d'un chirurgien de Sisteron qui, venu à Toulouse pour étudier, s'y fixa. On sait peu de choses de la vie de Pons François. Il avait pris ses grades à la faculté de Montpellier. Son portrait, qui figure dans la salle des thèses de la faculté de médecine de Toulouse, est accompagné d'une légende qui nous apprend qu'il fut professeur en 1632 et régent en 1639.
Il est l'auteur de la première pharmacopée toulousaine, parue en 1648. Cet ouvrage avait été commandité par la Faculté de médecine et le parlement de Toulouse afin de réglementer la circulation et l'emploi des médicaments. En effet, comme expliqué dans un extrait des registres du Parlement daté du 28 mai 1648 qui figure dans les parties liminaires, les apothicaires "ne gardent aucune mesure, ny forme en la composition de leurs
medicamens ; de sorte que les medecins ne peuvent juger de l'effet & vertu des drogues, pour estre diversement preparées, ce qui produit divers inconveniens." C'est pourquoi on a décidé de faire dresser par les professeurs de la faculté de médecine un "dispensaire de tous les medicamens & compositions que les apothicaires doivent avoir en leurs boutiques ; suivant lequel il leur sera enjoint de composer & preparer les medicamens dans un mesme ordre, avec defenses d'en tenir autres". Ce même arrêt enjoint aux capitouls de visiter chaque année avec un professeur de médecine les boutiques des apothicaires.
La Pharmacopée de Purpan n'est donc ni plus ni moins que la publication de ce "dispensaire". Elle décrit les médicaments fabriqués par les apothicaires toulousains et qu'ils doivent avoir dans leurs boutiques pour la santé de leurs concitoyens. On notera qu'elle a en fait été rédigée par un collectif de onze médecins, sous la direction de Purpan.
Sur la page de titre, on trouve une marque gravée représentant Pallas Athénée, mère des Arts et des Lettres, appuyée sur un livre portant les armoiries de Toulouse. On retrouve ces armoiries dans les pièces liminaires, au centre d'une composition gravée due à F. Stuerhelt.
L'exemplaire présenté porte en outre sur la couverture la mention manuscrite "Pharmacopoea Tolosana 1648. 1ere edition."
Res Sc 100 117
Aldrovandi (Ulysse)
Ulyssis Aldrovandi... Historiam naturalem in gymnasio Bononiensi profitentis, Ornithologiae hoc est de avibus historiae libri XII ... - Bononiae : apud Franciscum de Franciscis Senensem ; apud Jo. Bapt. Bellagambam, 1599-1603. - 3 volumes in-folio.
Ex-libris manuscrit des Grands Augustins de Toulouse.
Provenance : fonds religieux de Toulouse.
Ulysse Aldrovandi (1522-1607) fut envoyé à 12 ans en apprentissage chez un marchand de Brescia. Il renonça vite à cette carrière pour étudier d'abord le droit à Bologne, puis le droit et la médecine à Padoue. Soupçonné de luthéranisme, il fut arrêté et conduit à Rome, mais l'Inquisition le relâcha et il put regagner Bologne. Il y étudia alors la botanique. En 1553, il obtint le grade de docteur en médecine, et fut nommé en 1560 professeur d'histoire naturelle à Bologne. En 1568, il détermina le Sénat de Boulogne à créer un jardin botanique, qui lui fut confié. Parallèlement, il était chargé des l'inspection des drogues et des pharmacies.
En 1574, il publia Antidotarii Bononiensis epitome, qui a servi de modèle à toutes les pharmacopées publiées par la suite. Son œuvre principale est cependant la volumineuse Histoire naturelle, publiée en quatorze volumes in-folio, dont quatre seulement parus de son vivant. Douze volumes sont consacrés à la zoologie, un aux minéraux et un aux arbres.
Les trois premiers volumes, publiés en 1599, 1600 et 1603, sont ceux que nous présentons ici. Ils traitent de l'ornithologie, avec de nombreuses gravures sur bois. Les originaux des figures, peints par des artistes habiles et conservés à Bologne, ne sont que pâlement imités par ces gravures. Elles constituent cependant l'intérêt majeur de ces livres, car on y trouve un grand nombre de dessins nouveaux par rapport aux précédents ouvrages en la matière.
Pour chaque oiseau, l'auteur donne une description, suivie de paragraphes sur les mœurs, la durée de vie, le cri, le vol, le nid, à quoi s'ajoutent selon les cas des considérations sur l'usage fait de l'oiseau dan les proverbes, les présages, etc.
Ces volumes furent distraits du fonds religieux, dont la bibliothèque universitaire de la rue du Taur avait reçu le dépôt entre 1908 et 1910 à la suite de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, pour aider à la reconstitution des collections détruites des Allées Jules Guesde. Cela explique la présence de l'ex-libris d'une communauté religieuse toulousain, celle des Grands Augustins.
Res Med 128 321
Van Leeuwenhoeck (Antoine)
Arcana naturae, ope & beneficio exquisitissimorum microscopiorum... - Editio tertia. - Lugduni Batavorum : apud Cornelium Boutestein, 1708.
Continuatio epistolarum datarum ad loge celeberrimum regiam societatem Lardinensem... - Lugduni Batavorum : apud Cornelum Boutestein, 1689.
Ex-dono de l'abbé Benoît d'Heliot.
Provenance : Bibliothèque du Clergé de Toulouse.
Né à Delft (Hollande) en 1632, Antoine van Leeuwenhoeck fut envoyé dès l’âge de seize ans à Amsterdam pour y apprendre le commerce. Il revint dans sa ville natale quelques années plus tard et s’intéressa aux sciences naturelles. Il fit bientôt paraître des travaux de physiologie et d’anatomie tout à fait remarquables pour leur exactitude. Il fut le premier à démontrer la circulation du sang et à décrire les globules, dévoila la structure lamellaire du cristallin et en donna d’excellents dessins, découvrit les protozoaires et les bactéries, observa des animaux microscopiques et étudia les spermatozoïdes.
Il a été en relation avec les plus grands savants de son époque et jouissait d’une grande réputation. L’empereur de Russie, Pierre le Grand, avait tenu à le rencontrer.
Les principaux ouvrages de Leeuwenhoek sont : Observations sur les êtres invisibles (Leyde, 1684), Arcana naturae (Delft, 1695), Anatomia et contemplatio nonnullorum naturae invisibilium secretorum (Leyde, 1685), Epistolarum continuatio (Leyde, 1689), Epistolae physiologicae (Delft, 1719). Ses œuvres complètes sont parues à Leyde en 1724 sous le titre Opera omnia, sive arcana naturae ope exactissimorum microscopiorum detecta.
L'ouvrage présenté ici comprend à la fois Anatomia et contemplatio..., augmenté, et Epistolarum continuatio. Il se présente sous forme de lettres écrites à une Société savante londonienne. L'auteur y aborde des sujets très variés : examen du cerveau ou du cristallin, formation des dents, comparaison de la semence des plantes et de la semence animale, etc. De nombreuses figures gravées à l'eau-forte illustrent le propos.
Sur le contre-plat du volume se trouve collé un ex-dono gravé par Arthaud et portant les mots suivants : "Bibliothèque du Clergé de Toulouse - ex-dono Benedicti d'Heliot abbatis professoris regii." La bibliothèque de l'abbé Benoît d'Heliot est à l'origine de la bibliothèque du clergé de Toulouse, elle-même noyau fondateur de la bibliothèque municipale. Aux alentours de 1910, la bibliothèque universitaire et la bibliothèque municipale de Toulouse auraient partagé un lot de doubles issus de la Bibliothèque du Clergé, d'où la présence de ce livre dans nos collections.
Res Sc 100 175
Jacquin (Nicolas-Joseph)
Plantarum rariorum horti Caesari Schoenbrunnensis descriptiones et icones. Opera et sumptibus Nicolai Josephi Jacquin. - Prostant Viennae : apud C. F. Wappler ; Londini : apud B. et J. White ; Lugduni Batavorum : apud S. et J. Luchtmans, 1797-1804. - 4 volumes in-folio.
Provenance : anciennes collections de la bibliothèque universitaire.
Le baron Nicolas-Joseph Jacquin (1727-1817) descendait d'une famille française émigrée en Hollande. Il fit ses études à Anvers, Leyde, Paris, avant de se fixer à Vienne. Là, il poursuivit ses études de botanique. Remarqué par l'empereur François Ier, il fut chargé de dresser un catalogue systématique des plantes du jardin de Schoenbrunn, puis d'aller en Amérique recueillir des végétaux inconnus. Durant plus de quatre ans, il explora les Antilles et une partie de l'Amérique du Sud, et publia à son retour ses découvertes. L'impératrice Marie-Thérèse le nomma en 1763 professeur de chimie et de minéralogie à Chemnitz, puis professeur de botanique et de chimie à Vienne. Fait baron par François II, il fut admis dans la plupart des sociétés savantes de l'Europe.
La botanique lui doit la découverte de cinquante nouveaux genres de plantes et un grand nombre d'ouvrages utiles. On citera parmi ceux-ci Selectarum stirpium Americanarum Historia (Vienne, 1763), Hortus botanicus Vindobonensis (Vienne, 1771), Florae Austriacae (Vienne, 1773-1777), tous abondamment illustrés.
Le Plantarum rariorum horti Caesari Schoenbrunnensis descriptiones et icones, dont nous présentons ici deux volumes, est donc le catalogue des plantes du jardin impérial de Schoenbrunn. Chaque volume se compose de deux parties : dans la première sont décrites les plantes, et la seconde est constituée de magnifiques planches, finement gravées sur cuivre puis peintes à la main avec de superbes couleurs.
Ecole supérieure de pharmacie de Paris
L'Ecole de pharmacie se montra fort généreuse envers l'université de Toulouse après l'incendie de 1910. Ses dons concernent essentiellement des pharmacopées et des ouvrages de botanique, dont voici quelques exemples.
Res Sc 104 188
Lamarck (Jean-Baptiste de)
Dictionnaire encyclopédique de botanique. Par M. le Chevalier de Lamarck,... - A
Paris : Hôtel de Thou, 1789. - In-fol.
Cachet "EP" pour Ecole de pharmacie sur les planches.
Provenance : Ecole supérieure de pharmacie de Paris
Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck (1744-1829), commença sa carrière dans l'armée. La paix revenue, il renonça au métier des armes pour étudier la médecine. Dans le même temps, il se prit d'un grand attrait pour les sciences naturelles et surtout pour la botanique. Il publia en 1778 une Flore de la France, qui eut un très grand succès et lui ouvrit les portes de l'Académie des sciences, où il fut nommé en 1779. La protection de Buffon lui fit confier la mission d'aller à l'étranger visiter musées et jardins de botanique. De retour en France, il rédigea le Dictionnaire de Botanique de l'encyclopédie méthodique (1785). A la mort de Buffon, en 1788, Lamarck le remplaça comme adjoint du garde du cabinet et du jardin du roi, et fut chargé des herbiers. Sous la Convention, le jardin des plantes fut réorganisé et Lamarck y devint professeur de zoologie des invertébrés, un nouveau domaine consacré aux insectes et aux vers. Il accomplit là aussi un grand travail de classification et de description, et publia en 1822 une Histoire des animaux sans vertèbres.
En 1819, il fit paraître un ouvrage intitulé Philosophie zoologique, dans lequel il pose pour la première fois de manière scientifique le problème de la variabilité des espèces. D'après lui, une fois la vie donnée par la nature, l'évolution des formes et l'organisation des êtres vivants sont dues au temps et à l'influence de l'environnement. Ce n'est que dans la seconde moitié du XIXe siècle que ses théories furent reconsidérées sérieusement.
Aveugle à la fin des jours, il se fit aider par sa fille aînée et poursuivit ainsi ses travaux d'histoire naturelle jusqu'au dernier moment.
Le livre présenté est le Dictionnaire de Botanique de l'encyclopédie méthodique, déjà évoqué. Ce travail, fort oublié aujourd'hui, constitua pour Lamarck un titre scientifique d'une grande importance, car il y fit connaître, par des descriptions nettes et d'une grande exactitude, un nombre considérable de plantes dont les échantillons étaient contenus dans les herbiers du Muséum.
Les planches, dessinées par Jacques Eustache de Seve et gravées par Benard. sont ordonnées selon les classes du système sexuel de Linné (plantes à fleurs visibles ou invisibles, à fleurs hermaphrodites ou unisexuelles, à étamines libres ou non). Une table permet de retrouver une plante par un autre nom que celui choisi par l'auteur pour l'article. Certaines plantes n'ont pu être vues et sont décrites d'après d'autres livres. Pour distinguer celles vues, en bas de la description, "v.v.", c'est-à-dire vue vivante ou v.s.,vue sèche.
Sur notre exemplaire, des annotations manuscrites ont été ajoutées en marge des planches.
Res Sc 123 912
Du Pinet (Antoine)
[Historia plantarum. Earum imagines, nomenclaturae, qualitates et natale solum. Quibus accessere simplicium medicamentorum facultates, secundum locos et genera, ex Dioscoride.]. - [Lugduni : apud Gabrielem Coterium, 1561].
Cachet de la bibliothèque de l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris.
Provenance : Ecole supérieure de pharmacie
Ecrivain protestant, né à Beaume-les-Dames (Doubs) vers 1510, Antoine du Pinet se rendit à Paris afin d’y suivre les leçons de Jean Sturm et Guillaume Paradin. Il se lia d’amitié avec Calvin et entretint par la suite une correspondance régulière. Il devint pasteur en 1537, à Genève, puis se rendit à Lyon, en 1543, où il exerça sans doute des fonctions de secrétaire ou de précepteur. C’est durant cette période qu’il écrivit le plus. Il voyagea beaucoup et prit une part active à la propagande protestante jusqu’à sa mort, vers 1565.
Ses œuvres sont très variées et dans plusieurs domaines : Familière et briefve exposition sur l’Apocalypse de S. Jean (1539), Historia plantarum…(1561), Plantz, pourtraitz, et descriptions de plusieurs villes et forteresses tant de l’Europe, Asie, Afrique que des Indes…(1564), Taxes des parties casuelles de la boutique du pape (1564), La conformité des Eglises réformées de France et de l’Eglise primitive (1565). Il est aussi le traducteur de nombreux ouvrages en latin.
Dans notre exemplaire, le titre et les pages 1 à 12 manquent. Sur la page qui tient lieu de page de titre a été collée la marque d'imprimeur, découpée. S'ensuit un texte manuscrit, en français, qui contient une description élémentaire des cinq parties des fleurs : pétales, calice, étamine, pointes des étamines, pistil. Il distingue ensuite les fleurs en "monopétalles, polipétalles et légumineuses". Suit la description illustrée de dessins à la plume de quelques fleurs, semblablement à ce que l'on trouve ensuite dans la partie imprimée. Dans cette dernière se trouvent des gravures sur bois des plantes, dont le nom et la description sont en latin ; on trouve, à certains endroits, des annotations de la même main que dans la première partie donnant la traduction en français des noms latins des plantes. L'index final est également manuscrit.
Res Med 123 487
Pharmacopoea Bruxellensis senatus authoritate munita. - Editio altera. - Bruxellis : typis Francisci Foppens, 1702. - In-8.
Ex-libris : "Ex bibliotheca Franc [Vandex?] Borgho". Plusieurs cachets (d'époques différentes) de l'Ecole de pharmacie de Paris.
Provenance : Ecole supérieure de pharmacie.
Ce livre a été réalisé par un collège de médecins sur ordre de la ville, pour les mêmes raisons que les autres pharmacopées : fixer les doses et les recettes des médicaments. Un arrêt du 20 mars 1702 rendu par la ville et inséré dans l'ouvrage menace de 12 florins d'amende celui qui ne respectera pas les recettes, et annonce une visite annuelle de vérification chez les apothicaires.
L'édition précédente étant épuisée, le texte a été revu afin de réaliser l'édition que nous présentons.
Le frontispice, gravé par Harrewijn, représente une officine de pharmacie avec ses occupants en plein travail. La boutique s'ouvre sur un jardin sans doute médicinal.
Dans le corps de l'ouvrage, une planche manuscrite portant les symboles chimiques a été ajoutée. Une autre planche, imprimée cette fois et complétée à la main, se trouve un peu plus loin.
On notera également sur la page de titre le cachet de l'Ecole supérieure de pharmacie, rarement présent sur les ouvrages qui nous viennent de cette institution.
Res Med 103 926
Lemery (Nicolas)
Pharmacopée universelle, contenant toutes les compositions de pharmacie qui sont en usage dans la médecine, tant en France que par toute l'Europe ; leurs vertus, leurs doses, les manières d'operer les plus simples & les meilleures. Avec plusieurs remarques & raisonnemens sur chaque operation. Par Nicolas Lemery, docteur en medecine. - A Paris : chez Laurent d'Houry, 1697. - In-4.
Cachet "Ecole supérieure de pharmacie de Paris".
Provenance : Ecole supérieure de pharmacie de Paris.
Nicolas Lémery (1645-1715), d'abord entré chez un oncle apothicaire, le quitta pour suivre les leçons de Glazer, démonstrateur de chimie au Jardin du Roi. Parti à Montpellier, il y fut aide-apothicaire tout en donnant des leçons de chimie. Sa notoriété lui permit d’exercer la médecine sans être docteur. Reçu apothicaire à Paris en 1672, il ouvrit des cours publics qui eurent un immense succès. En 1675, il fit paraître son Cours de chimie. Ce livre, surtout destiné aux étudiants, fit autorité auprès des chimistes pendant plus de cent ans. Dans le même temps, sa réputation d’apothicaire ne faisait que s’accroître. Réfugié en Angleterre pour fuir les persécutions contre le protestantisme, il revint en France en 1683 et fut reçu docteur en médecine à Caen. Bientôt empêché d'exercer à cause de sa religion, il préféra abjurer en 1686.
En 1699, il entra à l’Académie des sciences comme associé chimiste, et s’occupa alors d’un Traité de l’antimoine, paru en 1707. Il mourut d’une attaque d’apoplexie le 19 juin 1715.
Lémery s'est également occupé des sels extraits des végétaux, des acides, des encres sympathiques et des poisons. Il s’est intéressé à l’explication des phénomènes géologiques et météorologiques. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont le Dictionnaire universel des drogues simples (1698), et la Pharmacopée universelle, parue en 1697 et rééditée huit fois. C'est ce dernier ouvrage que nous présentons ici, dans sa première édition.
Dans la préface, Lemery explique que chaque ville a mis au jour sa pharmacopée. Mais comme elles ont souvent été faites par des ignorants en pratique de pharmacie, elles contiennent des erreurs, et des ingrédients inutiles qui gâchent les compositions. Et ces erreurs se répètent de livre en livre. C'est pourquoi Lemery a décidé de faire cette pharmacopée universelle : "c'est une Pharmacopée universelle dans laquelle j'ay ramassé toutes les descriptions de pharmacie anciennes & modernes qui sont en usage dans la medecine, tant en France que dans les autres parties de l'Europe ; j'y parle de leurs vertus, de leurs doses, des manieres d'operer les plus simples & les meilleures, & je fais des remarques sur chaque operation, de sorte que sans toucher aux anciennes formules, je donne des avis raisonnez sur la reformation & les changemens que je croy y devoir estre apportez, soit pour la proportion des doses, soit pour le retranchement ou l'addition des drogues, soit pour l'operation."
L'exemplaire présenté possède une intéressante reliure parchemin, constituée à partir d'un manuscrit liturgique musical.
Res Med 103 923
Pharmacopoeia Argentoratensis inclyti magistratus jussu revisa et ad usum hodiernum accomodata a collegio medico. - Argentorati : sumptibus [sic] Johannis Gothofredi Baueri, exprimebat Johannes Henricus Heitz, 1757. - In-folio.
Provenance : Ecole supérieure de pharmacie de Paris
Cet ouvrage a été rédigé sur demande de la ville de Strasbourg par un collège de trente-cinq médecins. La plupart de ces hommes de l'art, comme on pouvait s'y attendre pour une édition à visée essentiellement locale, sont des strasbourgeois, mais sept d'entre eux font exception : si certains ne viennent pas de bien loin (Colmar pour Matthias Gloxin, Rouffach pour François Antoine Guering), la zone de recrutement s'étend jusqu'à Montbéliard avec R. J. Raisin ou encore Hanau avec Samuel Fridericus Koening.
Le frontispice est dessiné par J. Gottfried Gerhardt et gravé par Martin Tyroff, l'un des plus illustres graveurs allemands de l'époque. Il laisse apparaître en fond une vue de Strasbourg, tandis qu'un angelot tient à la fois la bannière portant le titre du livre et un parchemin sur lequel figurent les armoiries.
La première édition de cette pharmacopée, datée de 1725, se trouvait épuisée. On a donc revu son texte et préparé une nouvelle édition, produite en 1757 et qui est celle que nous présentons. Dans la préface, il est précisé que par rapport à la première édition, les remèdes superflus ou obsolètes ont été supprimés, tandis que des nouveaux ont été ajoutés.
Comme dans toutes les pharmacopées dont nous avons déjà parlé, les remèdes se présentent par ordre alphabétique des compositions, et les recettes permettant de les réaliser sont données.
Res Med 126 807
Joannet (abbé Jean-Baptiste Claude)
De la connoissance de l'homme, dans son être et dans ses rapports. Par M. l'abbé Joannet, ... Tome premier-[second]. - A Paris : chez Lacombe, 1775. - 2 volumes in-8.
Cachet "Ecole de santé de Paris - 14 frimaire an III".
Provenance : Faculté de médecine de Paris
Jean-Baptiste-Claude Joannet (1716-1789), entré au noviciat des Jésuites en 1732, le quitta en 1749 pour raison de santé et alla alors s’installer à Paris.
En 1754, il lance un recueil périodique destiné à faire connaître les ouvrages religieux et à combattre l’impiété, cette publication paraîtra pendant dix ans. Il écrivit aussi divers ouvrages : Eléments de poésie française (1752), Les bêtes mieux connues (1770) et De la connaissance de l’homme dans son être et dans ses rapports (1775), présenté ici.
Dans le Discours préliminaire, fort copieux, l'auteur expose tout d'abord pourquoi la connaissance de l'homme est une chose essentielle. Il cherche à démontrer que l'ignorance de son être entraîne l'homme à des écarts, alors qu'une meilleure connaissance apporterait une meilleure maîtrise de l'homme par lui-même, que ce soit au niveau de son corps, de son esprit et de sa volonté. Dans le corps de l'ouvrage, il examine ensuite la constitution de l'âme humaine, ses sensations, ainsi que l'organisation du corps et ses sensations également.
Le cachet utilisé porte la tête d'Hippocrate. Sa légende, "Ecole de Santé de Paris, 14 frimaire an III", l'identifie comme celui entré en service en 1799. En effet, l'Ecole de santé est le nom donné à l'institution créée le 14 frimaire an III (4 décembre 1794) en remplacement de la faculté de médecine et de l'Académie de chirurgie, supprimées le 18 août 1792. En 1809, avec la reprise du nom "Faculté de médecine" sera créé un autre cachet, identique quant à l'illustration mais portant les mots "Faculté de médecine de Paris".
La présence de ce cachet sur notre exemplaire permet donc d'affirmer qu'il rentra dans les collections de la faculté de médecine, alors Ecole de Santé, entre 1799 et 1809.
Res Med 125 407
Sans (abbé)
Guérison de la paralysie, par l'électricité ; ouvrage dédié à Mgr le Maréchal duc de Noailles ; par M. l'Abbé Sans, ... : dans lequel on expose la méthode qu'il faut suivre pour guérir la paralysie par l'Electricité : lue à la Société Royale de médecine le 9 & le 30 septembre 1777. Avec figures. - A Paris : chez Cailleau, 1778. - In-12.
Cachet de l'Ecole de santé de Paris. Cachet "Bibliotheca medic. Par."
Provenance : Faculté de médecine de Paris
Avec le siècle qui se termine, la science médicale trouve dans les théories nouvelles des applications qui attireront tous les esprits curieux. Déjà, en 1749, l'abbé Nollet avait fait paraître les Recherches sur les causes particulières des phénomènes électriques. En 1772, la Guérison de la paralysie par l'électricité par l'abbé Sans, professeur de physique expérimentale à l'université de Perpignan, présente les effets favorables de l'électricité sur la paralysie. L'auteur y décrit notamment les machines que l'on utilise, avec la manière de s'en servir, et décrit le traitement électrique adéquat à différentes parties du corps.
Cet ouvrage s'illustre d'une gravure frontispice , dessinée par J.B. Chevalier et gravée par Yves-Marie Le Gouaz, où un paralytique nous est montré subissant les effets de cette force nouvelle qu'est l'électricité, le tout présenté sous un jour quelque peu surnaturel : l'homme tend la main vers une lumière venant du ciel et qui symbolise les bienfaits attendus de cette force nouvelle.
Le cachet utilisé sur notre exemplaire est celui du 14 frimaire an IV, ce qui signifie, comme pour le précédent, que ce livre est entré dans les collections entre 1799 et 1809.
Res Med 124 311
Sydenham (Thomas)
Médecine pratique de Sydenham, avec des notes, ouvrage traduit en françois, sur la dernière édition angloise, par feu M. A.-F. Jault, docteur en médecine, & professeur au College royal. - A Paris : chez P. Fr. Didot le jeune, 1774. - In-8.
Signature "Lambert" sur la page de garde. Cachet "Legs Grisolle 1869". Cachet "Faculté de médecine de Paris".
Provenance : Faculté de médecine de Paris
Grand médecin anglais, Thomas Sydenham (1624-1689) appartenait à une famille noble et aisée. En 1648, il prit à Oxford le grade de bachelier en médecine, et peu après celui de docteur à Cambridge. Il acquit bientôt le renom d'un des plus habiles médecins d'Europe.
Il n'enseigna pas et ne fut revêtu d'aucun titre. Par ailleurs, ses relations avec le parti républicain l'empêchèrent de participer aux faveurs de la Cour. C'est pourquoi sa vie, entièrement consacrée à ses travaux pratiques, est peu connue. Il mourut en 1686 du choléra.
Regardant l'expérience comme la seule école à laquelle puisse se former le médecin, il faisait peu de cas de l'érudition. Par l'ensemble de ses doctrines, Sydenham appartient à ce qu'on a appelé l'empirisme rationnel, c'est-à-dire qu'il prêche l'alliance de l'expérience au raisonnement. C'est surtout dans l'observation des épidémies qu'il a immortalisé son nom (épidémies de Londres de 1661 à 1675). Il est aussi connu pour l'introduction de l'utilisation de l'écorce de quinquina dans le traitement du paludisme. C'est lui qui individualisa la scarlatine et la rougeole, et qui fut le premier à décrire avec précision la chorée et la goutte.
On a de lui notamment Methodus curandi febres (Londres, 1666), excellent ouvrage. Quant à son livre Progrès en guérison, publié en 1692 à titre posthume, il fut pendant longtemps la référence des praticiens anglais.
L'exemplaire présenté contient ses œuvres complètes. Parues à Londres en 1685, elles ont été traduites en français par Jault (Paris, 1774). Dans l'introduction, le traducteur signale d'ailleurs qu'il faut prendre garde à ce que les remèdes proposés s'appliquent à des Anglais, vivant sous un climat différent de la France, et que tout ce que dit Sydenham en conséquence ne convient pas forcément aux Français.
Le cachet "Legs Grisolle" indique cet ouvrage a appartenu à Augustin Grisolle (1811-1869), docteur en médecine et professeur à la faculté de médecine de Paris, à laquelle il légua sa bibliothèque à sa mort.
Res Sc 103 405
Euler (Leonhard)
Introduction à l'analyse infinitésimale, par Léonard Euler; traduite du latin en français, avec des notes & des éclaircissements, par J. B. Labey,... Tome premier [-second]. - A Paris : chez Barrois, aîné, 1796-1797. - 2 vol. in-4.
Armoiries "Université de France, Louis Le Grand" sur les plats.
Provenance : Lycée Louis le Grand
Leonhard Euler (1707-1783) suivit à l'université de Bâle les cours du mathématicien suisse Jean I Bernoulli. En 1727, sur l'invitation de Catherine Iere, Euler devint membre de l'Académie des sciences à Saint-Pétersbourg. Il fut nommé professeur de physique en 1730 et professeur de mathématiques en 1733. En 1741, Frédéric II le fit professeur de mathématiques à l'Académie des sciences de Berlin. Euler retourna à Saint-Pétersbourg en 1766, et y resta jusqu'à sa mort, poursuivant infatigablement ses travaux malgré les progrès de la cécité.
Dès 1736, il publia un Traité de mécanique générale très remarqué. En 1744, il exposa dans le Traité des isopérimètres le calcul des variations. En 1748, il publia deux ouvrages qui restèrent longtemps des classiques : Introduction à l’analyse des infiniment petits et Institutions de calcul différentiel et intégral. La même année, Euler fut lauréat de l’Académie des sciences de Paris pour ses travaux sur les perturbations mutuelles de Saturne et de Jupiter. Il écrivit les Lettres à une princesse d’Allemagne (1768-1772) où il expliquait la nature ondulatoire de la lumière. En 1768, il fit paraître les Eléments d’algèbre. L’année suivante, il publia la Théorie nouvelle de la lune, qui lui valut une gratification de la part du Parlement anglais, tandis que les mémoires Sur les inégalités des planètes furent couronnés par l’Académie des sciences de Paris. Il fit également des travaux remarquables sur le calcul des probabilités, les statistiques, la géométrie plane euclidienne. En physique, il généralisa le principe d’hydrostatique de Clairaut et établit les lois générales de l’hydrodynamique.
Dans son Introduction à l’analyse infinitésimale, il fut le premier à traiter de manière complète l'algèbre, la théorie des équations, la trigonométrie et la géométrie analytique. Dans ce travail, il traita du développement des séries de fonctions et formula la règle selon laquelle seules les séries infinies convergentes pouvaient être correctement évaluées. Il discuta aussi des surfaces à trois dimensions et prouva que les sections coniques sont représentées par l'équation générale du second degré à deux dimensions.
Notre exemplaire possède une reliure en basane, ornée de filets dorés avec les armoiries du lycée Louis le Grand.
Res Med 127 197
Ulstad (Philipp)
Le Ciel des philosophes, ou sont contenuz les secretz de nature, & comme l'homme se peut tenir en santé, & lo[n]guement vivre, composé par Phelippe Ulstade, extraict des livres de Arnould de Villeneusve, du grand Albert, Raymont Lulle, Jehan de la Roche tranchée, & plusieurs autres bons autheurs, de nouveau traduict de latin en françoys, auquel livre ont esté adjoustées les figures, pour donner plus facile intelligence, avecques la table de ce qui est contenu audict livre.- A Paris : par Vivant Gaultherot, 1550. - In-8.
Cachet de Sainte-Geneviève. Mention "Annulé par autorisation ministérielle".
Provenance : bibliothèque Sainte-Geneviève.
Philipp Ulstad (XVIe siècle) était médecin à Nuremberg, sa ville natale. Il enseigna la médecine avec éclat dans l'université de Fribourg.
La Biographie médicale publiée par Panckoucke (1825) n'est guère tendre avec ses écrits, puisque voici le commentaire qu'elle fait de ses œuvres : "Les deux ouvrages suivants, qu'il mit au jour, contribuèrent à sa réputation, quoiqu'ils ne renferment rien qui autorise à les exhumer aujourd'hui de la poussière des bibliothèques".
Les ouvrages en question sont De epidemia tractatus. (Bâle, 1526), et le Coelum philosophorum...(Strasbourg, 1528).
Nous présentons ici un exemplaire d'une édition parisienne de 1550 de cet ouvrage, dans une traduction en français.
Philipp Ulstad dit avoir écrit ce livre "pour la commodité de tous ceulx qui desirent la santé de leurs cors, & appetent prolonger leur vie, & sçavoir le proffit & utilité de l'eaue de vie & or potable & quinte essence." Après avoir exposé ce qu'est la quinte essence d'une chose (littéralement, la cinquième partie, débarrassée des quatre parties superflues), il disserte longuement sur la distillation et les différentes manières de procéder, que ce soit pour les fruits, le vin, les herbes ou même le sang. Il donne ensuite une liste de maux guérissables par "l'eaue de vie composée".
L'ouvrage est orné de gravures sur bois qui représentent des alambics et autres instruments de distillation, illustrant les propos de l'auteur.
L'Académie royale de médecine, créée en 1820, prit la succession des défuntes Société royale de médecine et Académie royale de chirurgie. Elle hérita de leurs papiers et livres.
Les ouvrages donnés à la Bibliothèque universitaire de Toulouse ont été inscrits à l'inventaire de cette dernière le 7 mars 1911.
Res Med 123 309
Bluchenbach (Johann Friedrich)
D. Jo. Frid. Blumenbachii,... Introductio in historiam medicinæ litterariam. -
Goettingae : apud Jo. Christ. Dieterich, 1786. - In-8.
Ex-dono manuscrit : "Don du Dr René Marjolin". Cachets de l'Académie de médecine.
Provenance : Académie de médecine
Célèbre physiologiste allemand, Jean-Frédéric Blumenbach (1752-1840) se passionna dès l’âge de dix ans pour les squelettes et entreprit une collection d’os humains et animaux. Il fréquenta l’université d’Iéna. En 1775, il se rendit à Göttingen pour y soutenir une thèse de doctorat tout à fait remarquable : De generis humani varietate nativa. Un an plus tard, Blumenbach fut nommé conservateur du Cabinet d’histoire naturelle et en 1778, il obtint la chaire de physiologie et d’anatomie comparées. Sa renommée de professeur attira pendant près de cinquante ans l’élite de la jeunesse à l’université de Göttingen. Presque toutes les sociétés savantes de l’Europe s’honoraient de l’avoir pour membre et la plupart des souverains l’avaient décoré de leurs ordres.
Dès 1785, avant Cuvier, Blumenbach a placé l’histoire naturelle sur une base scientifique. Il est l’un des fondateurs de l’anthropologie : il a été le premier à établir un parallèle entre l’homme et les animaux, ainsi qu'à diviser l’espèce humaine en cinq races, fournissant ainsi la démonstration de l’unité du genre humain.
Il est l’auteur de très nombreux ouvrages de médecine, de physiologie, d’anatomie, d’ostéologie et d'un manuel d’histoire naturelle réédité de très nombreuses fois.
Son livre ici présent consiste en une présentation chronologique des médecins et de leurs œuvres éditées.
L'exemplaire porte l'ex-dono du Docteur René Marjolin sur le contre-plat. René Marjolin (1812-1895), chirurgien de l'hôpital Sainte-Marguerite et associé libre de l'Académie de médecine, était le fils de Jean-Antoine Marjolin, lui-même chirurgien et professeur à la faculté de médecine de Paris.
On notera également sur la page de titre deux cachets autres que celui de Toulouse. Le premier est le cachet ordinaire de l'Académie de médecine, et le second, rectangulaire, vient signaler que ce livre était en double exemplaire dans les collections de ladite Académie. Il est évident que tel était le cas pour la plupart des ouvrages donnés à Toulouse après l'incendie de 1910, ce qui au demeurant n'enlève rien à la valeur de certains.
Res Med 104 508
Le Clerc (Daniel)
Histoire de la médecine, où l'on voit l'origine & les progrès de cet art, de siècle en siècle ; les sectes, qui s'y sont formées ; les noms des médecins, leurs découvertes, leurs opinions, & les circonstances les plus remarquables de leur vie. Par Daniel Le Clerc, docteur en médecine. - Nouvelle édition, revüe, corrigée & augmentée par l'auteur en divers endroits,... - A La Haye : chez Isaac Van Der Kloot, 1729. - In-4.
Ex-libris imprimé "Bibliothèque A. Dureau".
Provenance : Académie de médecine de Paris
.Fils du médecin Etienne Leclerc, Daniel Leclerc (Genève 1652-1728) étudia les premiers rudiments de la médecine sous la direction de son père. Il compléta ensuite ses études à Paris et à Montpellier et se fit recevoir docteur à Valence. De retour à Genève, il y exerça la médecine avec un grand succès tout en se livrant à des travaux de recherche médicale.
Il publia en 1685 un recueil tout à fait remarquable sur l’anatomie, intitulé Bibliothèque anatomique. Il fit également paraître un ouvrage qui eut beaucoup de succès au XVIIème siècle : Histoire de la médecine. C'est de ce dernier qu'il s'agit ici.
Le frontispice, non signé et face à la page de titre, représente la Médecine personnifiée sous les traits d'une femme assise sur un piédestal, un livre de botanique ouvert sur ses genoux et le caducée à la main. Ce caducée prend sa forme primitive d'un bâton sur lequel s'enroule la couleuvre d'Esculape, symbole du dieu romain de la médecine. Aux côtés de la Médecine, des femmes s'occupent de plantes aux vertus sans doute curatives, tandis que des hommes vraisemblablement médecins s'approchent. Le texte comprend par ailleurs plusieurs portraits gravés sur cuivre représentant Apollon, Esculape, Hippocrate, Asclepiade.
L'auteur ne traite ici que de la médecine ancienne, et s'arrête à Galien. Son but est de montrer "les principaux raisonnements, & les expériences les plus considérables qui se sont faites depuis le commencement du Monde pour prévenir les maladies, pour les conoître & pour les guérir."
Notre exemplaire porte l'ex-libris du docteur Alexis Dureau (1831-1904). Ce dernier était bibliothécaire de l'Académie de médecine. Médecin, il entra à la bibliothèque en 1875, et y resta en fonction jusqu'à sa mort. Il légua à la bibliothèque de l'Académie de médecine 4000 volumes et brochures.
Res Med 125 055
Longeville (Harcouet de), Villeneuve (Arnauld de)
Histoire des personnes qui ont vécu plusieurs siecles, et qui ont rajeuni : avec le secret du rajeunissement, tiré d'Arnauld de Villeneuve. Et des régles pour se conserver en santé, & pour parvenir à un grand âge. Par Mr. de Longeville Harcouet. - A Paris : chez la veuve Carpentier & Laurent le Comte ; Se vend à Bruxelles chez Jean Leonard, [1716]. - In-12.
Ex-libris imprimé "Bibliothèque A. Dureau".
Provenance : Académie de médecine.
Médecin et alchimiste, Arnaud de Villeneuve (vers 1230-1311) enseigna à partir de 1289 la médecine à Montpellier. Par son enseignement, tout comme par ses livres, il fut considéré comme le plus grand médecin de son temps.
Il est l’auteur de plusieurs traités médicaux : Medicinalium introductionum speculum, Regimen sanitatis, De conservanda juventute et retardanda senectute, Practica sumaria. Il a également publié des ouvrages de chimie, d’alchimie, d’astrologie et de théologie. Son commentaire du De semine scripturarum, ses prophéties sur l’Antéchrist, ses plaintes sur la corruption des ordres religieux et sur la nécessaire réforme de l’Eglise le firent accuser d’hérésie, mais il bénéficia de la protection successive de Boniface VIII et de Clément V.
Harcouet de Longueville s'est inspiré des écrits d'Arnault de Villeneuve pour écrire son ouvrage. Un grand nombre de chapitres est consacré aux personnes ayant vécu longtemps, que ce soit dans la Bible, parmi les savants ou encore chez les prélats. Puis la méthode du rajeunissement d'Arnault de Villeneuve est exposée : elle consiste en une succession de pose d'emplâtre, régime, bain… Enfin, l'auteur disserte sur ce qui peut prolonger la vie. Il est notamment contre la saignée et les remèdes composés, et préconise l'emploi de substances simples : ambre gris, sucre, miel. Il recommande encore de ne pas trop manger et de vivre chastement.
Le frontispice, gravé sur cuivre par Harrewijn, représente au premier plan des vieillards s'abreuvant à une source, et à l'arrière-plan un couple, sans doute Adam et Eve dans le jardin d'Eden où la vie était éternelle.
Notons encore, pour ce qui est de l'exemplaire, qu'il faisait partie comme l'ouvrage précédent de la bibliothèque du docteur Alexis Dureau.
Res Med 123 200
La Motte (Guillaume Mauquest de)
Dissertations sur la generation, sur la superfetation ; et la réponse au livre intitulé "De l'indecence aux hommes d'accoucher les femmes, & sur l'obligation aux meres de nourrir leurs enfans de leur propre lait. Par le Sr. de La Motte, chirurgien juré, & habile accoucheur à Valognes, en basse Normandie. - A Paris : chez Laurent d'Houry, 1718. - In-12.
Ex-libris gravé de B. H. de Fourcy. Ex-libris imprimé "Bibliothèque A. Dureau".
Provenance : Académie de médecine.
Guillaume Mauquest de La Motte (1655-1737) fit ses études de médecine à Paris et étudia plus spécialement durant cinq ans la chirurgie à l’Hôtel-Dieu. De retour dans son pays natal, à Valognes (Manche), il exerça pendant plus de cinquante ans le métier de chirurgien et d’obstétricien. Il avait une grande réputation et une clientèle à sa mesure.
Les ouvrages qu’il a écrits sont, avant tout, le fruit de ses expériences professionnelles. Le Traité d’accouchement et le Traité de chirurgie furent si appréciés qu’ils firent l’objet de plusieurs rééditions. Ce savant praticien est aussi l’auteur des Dissertations sur la génération et la superfétation, du Traité des accouchements naturels, non naturels et contre nature et du Traité complet de chirurgie, contenant des observations et des réflexions sur toutes les maladies chirurgicales et sur la manière de les traiter.
Notre édition réunit deux œuvres. Une note manuscrite sur la page de titre indique que "Mr de Vaux le chirurgien a pris soin de cette édition et a corrigé le livre en beaucoup d'endroits."
La Dissertation sur la génération, présentée d'abord, tend à combattre la théorie des œufs, et à prouver que la génération se fait plutôt par le mélange des semences. Guillaume Mauquest de La Motte y discute aussi des signes de grossesse.
La deuxième partie de l'ouvrage est une réponse au livre publié par Philippe Hecquet en 1708. Ce dernier s'élevait d'abord contre l'exercice par les hommes du métier d'accoucheur. La Motte défend avec zèle les accoucheurs, dont il fait partie, et qui commençaient alors avec succès à remplacer les sages-femmes. Le deuxième point sur lequel répond Guillaume Mauquest de La Motte est l'obligation faite aux femmes d'allaiter leurs enfants. Il explique que s'il y a certes des abus (femmes riches refusant l'allaitement par commodité pure), il existe aussi des cas où l'allaitement est néfaste soit à la mère, soit à l'enfant, soit aux deux.
Balthazar-Henri de Fourcy (1669-1754), dont l'ex-libris figure sur notre exemplaire, était abbé de Saint-Sever au diocèse de Coutances en 1680, chanoine de Notre-Dame de Paris en 1685, abbé de Saint-Wandrille en janvier 1690, prieur des Bons-Hommes en janvier 1693, docteur en théologie le 2 août 1696. Son portrait a été peint par Rigaud et gravé par Drevet.
Res Med 125 503
Mauriceau (François)
Traité des maladies des femmes grosses, et de celles qui sont nouvellement accouchées, enseignant la bonne & veritable methode pour bien aider les femmes en leurs accouchemens naturels, & les moyens de remedier à tous ceux qui sont contre nature, & aux indispositions des enfans nouveau-nés ; avec une description tres-exacte de toutes les parties de la femme qui servent à la generation : le tout accompagné de plusieurs belles figures en taille douce, nouvellement & fort correctement gravées... Composé par François Mauriceau, ... - Seconde edition... - A Paris : chez l'autheur, 1675. - In-4.
Mention manuscrite au bord du frontispice : "J'achepte quatre livres dix sols".
Provenance : Académie de médecine.
François Mauriceau (1637-1709), après des études médicales, devint prévôt du collège de chirurgie. Il choisit ensuite une spécialité en obstétrique et fut nommé premier médecin accoucheur de l’Hôtel-Dieu.
La renommée de Mauriceau était si grande qu’il jouissait d’une nombreuse et lucrative clientèle. Le premier, il publia sur la grossesse et les accouchements des ouvrages méthodiques et pratiques qui contribuèrent également à sa célébrité. Le Traité des maladies des femmes grosses et de celles qui sont nouvellement accouchées…(Paris, 1668), les Observations sur la grossesse et l’accouchement des femmes…(Paris, 1695), les Aphorismes touchant la grossesse, l’accouchement, les maladies et autres dispositions des femmes (Paris, 1694) furent souvent réédités et même traduits dans plusieurs langues.
Mauriceau montre l'importance de l'anatomie et de la physiologie ; il a le premier étudié la conformité du bassin chez les femmes. Il préconise l'accouchement sur le lit pour ne pas transporter la femme ensuite. Il préconise la version podalique dans tous les accouchements anormaux et décrit la manœuvre pour la tête dernière qui porte son nom. Il est un adversaire absolu de l'opération césarienne sur le vivant. Il a le courage de publier ses cas malheureux, aussi instructifs que les autres Malgré sa valeur, on peut lui reprocher sa prévention contre les instruments et notamment les forceps.
L'ouvrage présenté ici est le Traité des maladies des femmes grosses et de celles qui sont nouvellement accouchées. Ce traité, édité pour la première fois en 1668, allait connaître sept éditions et être traduit dans plusieurs langues. La première édition est extrêmement rare, et c'est la seconde que nous possédons.
En-tête, on trouve un quatrain latin de François Dulaurens dont voici la traduction :
"Mères, cessez d'appeler l'impuissante Lucine,
de demander à la déesse son assistance dans vos accouchements.
Femmes enceintes, voici un livre qui vous aidera mieux ;
suivez-le, c'est le salut pour la mère et l'enfant."
Le frontispice, gravé sur cuivre par Guillaume Vallet d'après un dessin d'Antoine Paillet, laisse apparaître, au milieu d'allégories, un portrait de l'auteur dans un médaillon, avec sa devise "Me sol, non umbra regit" (c'est le soleil et non l'ombre qui me dirige).
L'hôpital civil et militaire de Cahors offre la bibliothèque qui lui avait été léguée par le Docteur Auriole, et qui se composait de 509 volumes exclusivement consacrés à la médecine. Nous en conservons le catalogue dressé le 15 avril 1912.
Il s'agit en fait de deux collections juxtaposées :
- la bibliothèque de Petibeau
- les livres achetés par les docteurs JF et C Auriole de 1815 à 1860.
Total de 509 volumes.
Bergounioux, médecin de l'armée en retraite à Cahors et auteur du catalogue, notait en tête à propos de ces ouvrages : "Comme les plus récents sont déjà vieux, ils ne constituent pas une bibliothèque à consulter pour la pratique courante, mais une bibliothèque de recherches historiques. Elle n'est d'aucune utilité aux médecins de l'hôpital. Sa spécialisation empêche de la réunir à la bibliothèque de la ville qui pourrait tout au plus y choisir quelques volumes pour leur valeur bibliographique ou la beauté de leurs gravures. Il serait plus convenable de faire conserver ces livres dans une bibliothèque de faculté de médecine et la faculté de Toulouse qui a perdu tous ses ouvrages dans l'incendie de 1911 leur donnerait asyle avec reconnaissance, si on les mettait à sa disposition."
Res Med 129 218
Obicius (Hippolyte)
Hippolyti Obicii... Iatrastronomicon varios tractatus medicos, & astronomicos ad rectum medendi usum pernecessarios complectens. Quibus additus est De multiplici abusu in medicina utilis tractatus, aliaq. medica opuscula quorum omnium elenchum sequens pagina dabit...- Vicentiae : apud Jacobum Violatum, 1618. - In-4.
Provenance : Hôpital de Cahors
Hippolyte Obicius, médecin des seizième et dix-septième siècles, enseigna d'abord dans l'université de Ferrare, sa ville natale, et alla ensuite remplir une chaire à Bellune. Fier de sa profession, il écrivit Dialogus de nobilitate medici. (1605) pour démontrer qu'elle doit avoir le pas sur celle d'avocat. Du reste, il partageait, en médecine, les principes de l'école iatro-mathématique, et prescrivait indistinctement du vin à tous les malades atteints de la fièvre. Outre un petit opuscule dans lequel il cherche à prouver l'inutilité des recherches pénibles de Sanctorius, et qu'on trouve à la suite de la Médecine statique de ce dernier, il a publié, en faveur des dogmes de sa secte, un ouvrage intitulé Iatrostonomicon.
C'est cet ouvrage assez rare que nous présentons ici.
Il contient en fait onze traités différents, mais tous tournent autour de l'apologie de l'astrologie utilisée en médecine. L'auteur associe notamment les planètes à des parties du corps qu'elles sont censées régenter. Ses schémas astronomiques servent donc à analyser l'évolution prévisible d'une maladie en fonction de la carte du ciel au moment de son début. Certains sont des thèmes astraux.
Res Med 129 204
Rouhault (Pierre Simon), Buzani (Giussepe Giacinto), trad
Trattato del Rouhault sulle ferite al capo versione dal franzese di Giuseppe Giacinto Buzani...- In Torino : Nella Stamparia Reale, 1773. - In-8.
Esposizione iconologica degli strumenti per trapanare il cranio, rappresentati Nella grandezza loro naturale.
Provenance : Hôpital de Cahors
Chirurgien français du dix-septième siècle, Pierre-Simon Rouhault exerça la médecine à Paris, puis fut appelé en Piémont par Victor-Amédée II qui le nomma son chirurgien et directeur du service de santé de ses armées. En 1740, il fut nommé professeur à l’Université de Turin, mais il décéda peu de temps après.
Très habile dans son art, il a composé l'un des meilleurs ouvrages que nous possédions sur les plaies de tête, le Traité des plaies de la tête, paru pour la première fois à Turin en 1720, quoiqu'on puisse lui reprocher d'avoir fait trop souvent usage des topiques. Ses observations sur les diverses parties de l'œuf humain et sur la circulation du fœtus renferment quelques faits intéressants, au milieu d'un grand nombre d'assertions hasardées ou tout à fait erronées.
On trouve plusieurs mémoires de sa façon parmi ceux des académies de Turin et Paris. Il a publié en outre Réponse à la critique de son mémoire sur la circulation du sang dans le fœtus humain par M. Winslow. (1728) et Osservazioni anatomico-fisiche (1724).
L'édition du Traité des plaies de la tête que nous présentons est une traduction italienne due à G. G. Buzani. Elle contient à la fin trois planches gravées sur cuivre représentant des instruments, la première seulement étant signée Gizzardi (c'est celle-ci que nous reproduisons).
Le texte traite d'abord des coups sans fractures, puis des coups avec fractures, en indiquant à chaque fois la manière d'agir.
La seconde partie de l'ouvrage est consacrée à la trépanation.
Res Med 129 211
Mercurii (Jérôme dit Scipion)
La Commare o Riccoglitrice del' Eccmo Sr Scipion Mercurii... Divisa in tre libri ristampata correta et accresciuta dall' istesso autore.- In Venetia : apresso Gio. Bat. Ciotti, 1621. - In-8.
Ex-libris manuscrit : "M. L. Reneaume de Lagaranne D. M. Paris Reg. Sc. Ac.". Don de l'hôpital de Cahors.
Après avoir fait des études de médecine à Bologne et à Padoue, Girolamo Mercurio, dit Scipion (1550-1615) entra en religion chez les dominicains de Milan. Il fut cependant sollicité pour exercer la médecine à Padoue et finit par s’enfuir du cloître afin de pouvoir parcourir le monde. Il revint en Italie en 1573 et fut aussi bien accueilli par le pape que par le sénat de Venise. Il s’installa alors comme médecin à Peschiera. Cependant, tourmenté par l’idée qu’il avait trahi ses sentiments religieux, il finit par reprendre, en 1600, la robe qu’il avait quittée.
Les ouvrages de ce moine médecin, bien qu’ils soient écrits sans aucune méthode et que toutes les erreurs des anciens s’y retrouvent, jouirent à cette époque d’une grande vogue.
La Commare o Raccoglitrice di Scipion Mercurio in III libri, présentée ici, parut à Venise en 1595. Livre fameux d'obstétrique, il fit l’objet de huit éditions italiennes et de deux éditions allemandes.
Cet ouvrage contient une partie intéressante concernant l’opération césarienne, qui, attestée depuis l'Antiquité, n'était généralement pratiquée alors que sur des femmes décédées ou mourantes, pour sauver l'enfant. De nombreuses gravures sur bois illustrent le propos, que ce soit justement pour la césarienne (qui occupe deux gravures en pleine page), ou pour présenter les différentes positions de l'enfant in utero. Certaines de ces gravures montrent des femmes dans une attitude très vivante et naturelle, par exemple la main sur la hanche, avec pourtant leur ventre ouvert laissant voir l'utérus et le
fœtus !
Le frontispice, gravé sur cuivre, se présente sous forme d'un portique encadrant le titre. Deux statues représentent l'une Scipion l'Africain, l'autre le stoïcien Caton d'Utique.
L'ex-libris porté sur cet exemplaire indique que ce volume a appartenu à Michel Louis Renaulme de La Garanne. Originaire de Blois, celui-ci avait été reçu docteur à Paris en 1700. Membre de l'Académie des Sciences, il est l'auteur de plusieurs mémoires sur la botanique et d'un Essai d'un Traité des hernies.
Res Med 129 225
Hevin (Prudent), Simon (Jean-François)
Cours de pathologie et de thérapeutique chirurgicales. Nouvelle édition, augmentée de remarques & observations importantes. Par M. Hévin, ... - A Paris : chez Méquignon, l'aîné, 1785. - In-8.
Mention manuscrite "ex-libris Petibeau juillet 1788".
Provenance : Hôpital de Cahors.
Prudent Hévin (1715-1789) fut chirurgien, puis devint professeur de thérapeutique chirurgicale. Ses cours, d’une grande clarté et d’une érudition sûre, lui valurent une grande réputation. Il fut également membre de l’Académie de chirurgie et inspecteur des hôpitaux militaires et des colonies.
Il a publié plusieurs ouvrages de médecine : Recherches historiques et critiques sur la néphrotomie ou taille du rein, Précis d’observations sur les corps étrangers avalés et arrêtés dans l’œsophage, Cours de pathologie et de thérapeutique chirurgicales de M. Simon.
Ce dernier ouvrage, dont il est question ici, est tiré d'un manuscrit qui fut remis à Prudent Hevin par son auteur, Jean-François Simon, chirurgien français célèbre (professeur au collège de chirurgie de Paris, chirurgien de la garde du roi et premier chirurgien de l’électeur de Bavière, membre de l’Académie royale de chirurgie).
Ce livre s'adresse à des élèves : c'est donc une collection de préceptes et non à proprement parler un manuel d'opérations. Il part du principe qu'il faut connaître les maladies chirurgicales avec leurs causes et leurs symptômes pour faire un bon chirurgien, car on ne peut bien guérir le mal si on ne connaît pas bien sa nature. "La science de la pathologie chirurgicale", comme il est écrit dans la préface, "peut seule guider le chirurgien & le conduire sûrement & par degrés, à l'application juste & raisonnée des moyens curatifs que renferme la thérapeutique." Dépourvu d'illustrations, ce livre traite successivement des tumeurs, plaies, ulcères, fractures, luxations, maladies de la substance des os.
Vis-à-vis de la page de titre se trouve un portrait gravé sur cuivre de Prudent Hevin, accompagné de ce quatrain :
"Des secrets de son art profondément instruit
Il sçût en écarter tout sistême inutile,
Et joignant au sçavoir les charmes de l'esprit
Il en rendit l'étude agréable et facile".
Petibeau, dont l'ex-libris figure sur notre exemplaire, était maître chirurgien juré de Paris au XVIIIe siècle et chirurgien en chef de l'hôpital des enfants vers 1800. Cet ex-libris se retrouve d'ailleurs sur de nombreux ouvrages de la collection offerte par l'hôpital de Cahors.
Ecole de médecine de Montpellier
Res Med 127 763
Thierry (François)
La Vie de l'homme respectée & défendue dans ses derniers momens ; ou Instruction sur les soins qu'on doit aux morts, & à ceux qui paroissent l'être ; sur les funérailles & les sépultures : ouvrage dédié au roi. - A Paris : chez Debure l'aîné, 1787. - In-8.
Cachet de l'Ecole de médecine de Montpellier. Cachet du Département des Imprimés de la Bibliothèque Nationale.
Provenance : Ecole de médecine de Montpellier.
François Thierry (1718-1792), après des études de médecine à Paris, fut reçu docteur en 1740.
Passionné par la recherche médicale, il entreprit une série de voyages afin d’étudier les effets des climats sur la santé et la maladie. De retour à Paris, il eut une très vaste clientèle.
Il écrivit plusieurs ouvrages de médecine, dont notamment : Médecine expérimentale…(1755), Sur les funestes effets de la poudre purgative du sieur Ailhaud (1758), Observations de physique et de médecine faites en différents lieux de l’Espagne…(1791).
L'auteur, ayant observé l'abandon dans lequel on laisse les morts récents ou supposés tels, souhaite instruire le peuple et l'aider à remplir ses devoirs, en même temps que fournir aux médecins les moyens de distinguer une mort certaine. En effet, il distingue de la mort certaine "l'état de mort", qui peut être suivi d'un retour à la vie. Pour favoriser ce dernier, il demande qu'on laisse aux "morts" une chaleur modérée, et qu'on ne les enferme pas tout de suite dans un cercueil qui empêcherait de voir les signes de vie. De plus, il préconise de bien attendre l'accumulation d'une série de signes de mort, et de ne pas se fier à un seul.
Si le cachet de L'Ecole de médecine de Montpellier, que l'on trouve sur l'exemplaire présenté, s'explique tout à fait, la présence de celui de la Bibliothèque nationale implique un parcours qui reste pour nous une énigme…
La reliure possède un encadrement doré avec fers d'angles, et le cuir est peint, tandis que les tranches sont dorées.
Res Med 100 107
Courtin (Germain)
Leçons anatomiques et chirurgicales de feu Me Germain Courtin, docteur regent en la faculté de medecine à Paris. Dictées a ses escholiers estudiants en chirurgie, depuis l'année mil cinq cens septante huict, jusques à l'année mil cinq cens octante & sept. Recueillies, colligées, et corrigées sur plusieurs copies & manuscrits, & reduictes par traictez & chapitres. Par Estienne Binet, chirurgien juré à Paris. - A Paris : chez François Jacquin, 1612. - In-folio.
"Ex-libris prioratus Sti Dionisi in Carcere 1737". Cachet de l'Ecole de médecine de Montpellier.
Provenance : Ecole de médecine de Montpellier.
Germain Courtin, fils d’Etienne, procureur au Parlement de Paris, fit ses études de médecine et fut reçu docteur en 1576. Il enseigna la chirurgie à la Faculté de Paris de 1578 à 1587, avec grand succès. Riolan le fils lui attribue la gloire d'avoir formé les meilleurs chirurgiens de son temps. Quant à Jacques Guillemeau, il avoue que les leçons de Courtin lui ont fourni son Traité de la génération et celui des plaies de la tête. Germain Courtin mourut en 1597.
On a de lui Adversus de tribus principiis, auro potabili, totâque pyrotechniâ, portentosas opiniones (Paris, 1579). Par ailleurs, Etienne Binet, l’un de ses anciens élèves, a recueilli et publié, en 1612, les Leçons anatomiques et chirurgicales de feu M. Germain Courtin. Ce recueil eut un grand succès au XVIIe siècle.
Les leçons ont été mises en ordre par Binet. Elles traitent d'abord d'anatomie, puis de chirurgie, selon l'ordre logique puisque la deuxième s'appuie sur la première. La partie anatomique comprend des chapitres sur les os, le sang, les muscles, la génération. La partie chirurgicale s'intéresse aux plaies, fractures et luxations.
Cet exemplaire est le seul de la série de livres provenant de Montpellier que nous présentons à porter le cachet (au texte en grec) de la faculté de médecine de Montpellier.
Res Med 127 767
Severino (Marc Aurèle)
Marci Aureli Severini Tharsiensis philosophi, de recondita abscessuum natura libri VIII. - Editio ultima. - Lugduni Batavorum : apud Joannem à Kerckhem, 1724. - 2 volumes in-4.
"Ex-libris Astruc de Vissec". Don de la faculté de médecine de Montpellier après l'incendie de 1910.
Provenance : Ecole de médecine de Montpellier.
Marc-Aurèle Severino (1580-1656) fit ses études médicales à Naples et y devint professeur d’anatomie et de médecine. Il conserva ces deux activités jusqu’à sa mort et y joignit aussi celle de chirurgien en chef de l’hôpital des incurables.
L’éclat de son enseignement et la hardiesse de sa pratique médicale attirèrent autour de lui de nombreux étudiants et patients venus de toute l’Europe. Il passait pour un des plus habiles praticiens de son temps. A une connaissance approfondie de l'anatomie et de la chirurgie, Severino joignait un savoir étendu en botanique. Il fut le principal restaurateur de la chirurgie en Italie et remit en honneur dans les opérations l’emploi du fer et du feu. Il combattait avec beaucoup de vigueur la tradition au nom de l’observation et de l’expérience. Malgré quelques erreurs de théorie, Severino, laissa un certain nombre de préceptes pratiques encore valables.
Il a laissé un assez grand nombre d’ouvrages, parmi lesquels : De recondita abscessuum natura lib. VIII (1632) qui est le meilleur ouvrage de Severino et le premier qui ait traité des abcès, il fut d’ailleurs réédité une dizaine de fois. Il y a répandu beaucoup de lumières sur la nature et le traitement de divers abcès mal décrits ou entièrement méconnus par ses prédécesseurs.
Le frontispice, dans le tome premier, se présente sous forme d'un titre entouré de six cartouches. Dans chacun se trouve une image surmontée d'une devise. On remarquera particulièrement un couteau planté dans un arbre avec les mots "In ferro salus", qui illustre l'emploi du fer remis en honneur par Severino, ou encore une main dotée d'un œil tenant un scalpel, symbole de la chirurgie. Les six cartouches sont dans les branches d'un arbre prenant ses racines en bas de la page.
Vis-à-vis du frontispice se trouve un portrait gravé de l'auteur par Jakob Houbraken.
Res Sc 127 822
Boussuet (François), Rondelet (Guillaume)
Francisci Boussueti Surregiani doctoris medici, De Natura aquatilium carmen, in universam Gulielmi Rondoletii... quam de piscibus marinis scripsit historiam : cum vivis eorum imaginibus, opusculum nunc primùm in lucem emissum. - Lugduni : apud Matthiam Bonhome, 1558. - In-4.
Plusieurs ex-libris ou signatures manuscrits : "Guirau?", "[P?]ellysier", "Boniface Avignon, d'Arles", "Mariette Angot", "Monsieur Moureau à Béziers".
Provenance : Ecole de médecine de Montpellier.
Guillaume Rondelet naquit à Montpellier en 1507.A 18 ans, il vint à Paris et y passa quatre années. Puis il retourna à Montpellier et y prit le grade de bachelier en médecine. Il retourna ensuite à Paris, puis s'arrêta quelque temps en Auvergne où il exerça la médecine avec succès. Il fut reçu docteur à Montpellier en 1537. Quelque temps après, sur la recommandation du chancelier de la faculté, le cardinal de Tournon le choisit comme médecin et il l'accompagna dans ses voyages, notamment en Italie. C'est au cours de ces voyages que Rondelet acquit beaucoup de connaissances sur le poissons. En 1545, il fut nommé professeur à Montpellier. Il mourut en 1566.
Ses ouvrages de médecine furent imprimés à son insu, ce dont il fut très fâché, car, dit Astruc, il composait avec beaucoup de précipitation, sans avoir réfléchi sur ce qu'il voulait dire, et sans avoir pensé à mettre en ordre sa matière.
Quant à son Traité sur les poissons, il parut en 1554 et fut fort bien reçu du public. Il est composé de figures gravées sur bois, de descriptions, de remarques recueillies parmi les pêcheurs, et de notions prises des Anciens avec plus ou moins de critique.
Les quatre premiers livres traitent des généralités des poissons. Presque tout est emprunté d'Aristote et de Théophraste. Le reste parle des poissons en particulier : chacun y est exposé sans ordre déterminé, si ce n'est que Rondelet sépare ceux de mer et ceux d'eau douce. Il n'y a ni genre, ni famille. Les figures, gravées sur bois, sont généralement assez bonnes. On y trouve déjà des figures de poissons qui ont ensuite assez longtemps été négligés par les naturalistes. Rondelet parle aussi de plusieurs animaux qu'on ne range plus dans la classe des poissons : à cette époque on négligeait la classification d'Aristote, et l'on plaçait parmi les poissons tout ce qui vit dans l'eau.
Les épigrammes qui accompagnent les figures sont dus à François Boussuet (1520-1572), médecin qui s’adonnait également à l’étude des sciences naturelles et à la poésie.
Sur notre exemplaire, on relève un certain nombre d'annotations manuscrites, donnant notamment la traduction française des noms latins des poissons.
On notera en outre ce qui peut être un envoi de l'auteur ou un ex-libris, sous cette forme : "celuy qui a fait ce livre
Res Med 127 801
Poterie (Pierre de La), Hoffmann (Frédéric)
Petri Poterii opera omnia practica & chymica, cum annotationibus et additamentis utilissimis pariter ac curiosis Friderici Hoffmanni... Accessit nova doctrina de Febribus, ex principiis mechanicis solidè deducta. Cum indice locupletissimo.- Francofurti ad Moenum : impensis Friderici Knochii, 1698. - In-4.
Portrait de Hoffmann gravé par Elias Nessenthaler (graveur au burin, 1664-1714) vis-à-vis de la page de titre.
Ex-libris manuscrit "Alexandri Pfisteri". Don de la faculté de médecine de Montpellier.
Célèbre médecin allemand (1660-1742), Frédéric Hoffmann étudia la médecine à Iena. Reçu docteur en 1681, il ouvrit des cours de chimie, dont le succès suscita la jalousie et l’inimitié des professeurs de l’université. Frédéric-Guillaume, roi de Prusse, le nomma en 1693 premier professeur de médecine et de physique à l’université de Halle. En 1708, il le fit venir à sa cour comme médecin particulier. Victime des intrigues de cour et des attaques envieuses de ses confrères, il repartit quelques années plus tard à l’université de Halle, où il termina ses jours doyen de l’université et comblé d’honneurs et de gloire.
Frédéric Hoffmann était le fondateur du dynamisme organique, doctrine opposée à celle du vitalisme qui eut pour chef Stahl. Les travaux d’Hoffmann sont tout à fait remarquables en tant que médecine d’observation.
Ses nombreux ouvrages sont écrits dans un style simple et clair. L’ouvrage le plus important de toute sa carrière est le Medicina rationalis systematica (9 vol., 1718-1740) qui constitue le résumé de soixante ans de pratique médicale. Ses œuvres complètes sont parues sous le titre Opera omnia physico-medica denuo revisa, correcta et aucta (6 vol. in-folio, 1740), elles firent l’objet de plusieurs réimpressions.
Ici, il s'agit de ses commentaires sur l'œuvre d'un médecin français du XVIIe siècle, Pierre de La Poterie, plus connu sous son nom latinisé de Poterius. S'étant rendu fort jeune en Italie, où il s'établit à Bologne, il fut assassiné par un perfide ami, jaloux sans doute de la considération que ses talents ou ses succès lui avaient procurée. Quoiqu'il n'eût pas renoncé aux théories galéniques, il attachait beaucoup d'importance aux préparations chimiques, ou plutôt il se vantait de posséder des remèdes secrets qui le dispensaient d'avoir recours, pour guérir ses malades, ni à la saignée, ni aux agents médicinaux communément en usage. On a de lui Observationum et curationum insignium centuriae III et Pharmacopoea spagirica nova et inaudita. (1622). Il existe des éditions complètes de ses œuvres sous le titre Opera omnia medica ac chymica, qui est celui que reprend le commentaire de Frédéric Hoffmann.
Notre exemplaire signale par une note manuscrite sur la page de garde ce commentaire peu amène de Guy Patin sur ledit de La Poterie : "son livre est plein de mauvais remedes, des vanteries et de faussetes. Poterius a ete un grand charlatan, et un grand fourbe, qui se meloit de notre metier...".
Hoffmann, à la demande de l'éditeur , a ajouté ses commentaires à l'œuvre de La poterie ; ainsi, chaque fragment de texte de La Poterie est suivi d'annotations, d'ailleurs signalées par des appels de notes dans le texte.
Bibliothèque universitaire de Bordeaux
Res Med 127 455
Le Cat (Claude Nicolas)
Traité de l'existance ; de la nature et des propriétés du fluide des nerfs, et principalement de son action dans le mouvement musculaire,... ; suivi des Dissertations sur la sensibilité des meninges, des tendons, &c. L'insensibilité du cerveau, la structure des nerfs, l'irritabilité hallérienne, &c. Par M. Le Cat, ... - A Berlin : [S.n.], 1765. - In-8.
Ex-libris manuscrit "Joseph Dubrana m[aître] ès arts & en chirurgie à Condom".
Provenance : bibliothèque universitaire de Bordeaux, section médecine
Claude Nicolas Le Cat (1700-1768) était fils du chirurgien Claude Le Cat. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, mais ayant plutôt le goût des sciences médicales, il apprit les éléments de son art avec son père, puis alla étudier à Paris. Docteur en 1732, il obtint la survivance de chirurgien-major de l'Hôtel-Dieu de Rouen, où il se fixa dès lors. démonstrateur royal en anatomie et en chirurgie.
Le Cat a écrit un grand nombre de mémoires et d'ouvrages, tant sur la médecine que sur les sciences physiques et mécaniques. Il se fit une spécialité de la taille et devint l'un des plus réputés lithotomistes de l'Europe, tous titres qui lui valurent en 1764 des lettres de noblesse.
Le premier traité contenu dans ce livre avait été rédigé pour un concours de l'Académie royale des Sciences et Belles-Lettres de Prusse en 1753 et avait gagné le prix. Le sujet du concours était le suivant :
"Comme par la cessation subite du mouvement qu'on observe, lorsqu'on détruit la branche du nerf qui s'insere dans les fibres de quelque muscle, il paroît que le mouvement des muscles & des parties musculeuses dépend principalement de la liaison qui existe entre le cerveau & les muscles par le moyen des nerfs, on demande :
1° Si cette communication entre le cerveau & les muscles, par l'entremise des nerfs, s'exécute par une matière fluide, qui fait gonfler le muscle dans son action ?
2° Quelle est la nature & quelles sont les propriétés de ce fluide ?
3° Enfin de quelle manière il peut produire dans les muscles cette action si surprenante, par laquelle nous voyons le mouvement & le repos se succéder réciproquement presque dans un même instant ?"
L'éditeur annonce que le texte du Traité de l'existance a été revu par l'auteur pour cette édition, de même que celui des Dissertations qui a été considérablement augmenté.
Res Med 126 030
Valentini (Michel Bernard)
Michaelis Bernhardi Valentini,..., Novellæ medico-legales, seu responsa medico-forensia, ex archivis celebriorum facultatum academicarum continuata... Accedit supplementum pandectarum medico-legalium apologeticum. - Francofurti ad Moenum : apud Hæredes Zunnerianos ; & Johannem Adamum Jungium, 1711. - In-4.
Provenance : Bibliothèque universitaire de Bordeaux, section médecine.
Michel Bernard Valentini (16??-1729) étudia la médecine à Giessen et obtint sa licence en 1680. Après avoir voyagé en Europe, il fut nommé docteur e, 1687, puis enseigna la physique. Il devint adjoint puis directeur de l'Académie impériale. En 1696, il devint professeur de médecine à Giessen, et ses cours étaient très réputés.
Dans ce livre, l'auteur décrit des cas de jurisprudence médicale, concernant divers sujets : femmes prétendant avoir été forcées dans leur sommeil, refus de paternité lié à une durée de grossesse anormale, adultère, mariage des eunuques ou encore des hermaphrodites, suspicion d'empoisonnement, etc.
Michel Bernard Valentini ne se borne pourtant pas aux lumières qu'il répand sur la jurisprudence médicale. Il déclame sur les abus dans l'exercice de la médecine : son ouvrage est aussi un tissu de reproches contre les chirurgiens de son temps qui se mêlaient de traiter les maladies vénériennes dont il ne connaissaient pas assez la nature. Il traite aussi fort durement les sages-femmes, ce en quoi il n'avait pas vraiment tort pour l'Allemagne de l'époque.
L'ouvrage s'orne d'un frontispice gravé sur cuivre vis-à-vis de la page de titre.
Aucun cachet ne signale l'ancienne appartenance de cet ouvrage aux collections universitaires bordelaises.
Res Med 126 761
Le Blanc (Louis)
Précis d'opérations de chirurgie, par M. Le Blanc, ... - Nouvelle méthode d’opérer les hernies. - Essai sur différentes hernies, par M. Hoin.
Provenance : bibliothèque universitaire de Lyon
Né à Pontoise vers 1725, Louis Leblanc fut reçu docteur à l’âge de vingt-six ans. Il s’établit à Orléans et devint chirurgien à l’Hôtel-Dieu, puis professeur de chirurgie. Louis Leblanc s’est surtout fait connaître pour sa méthode d’opération des hernies.
Il a laissé plusieurs ouvrages remarquables : Discours sur l’utilité de l’anatomie (1764), Nouvelle méthode d’opérer les hernies (1766), Précis d’opérations de chirurgie (1775), Œuvres chirurgicales, contenant un précis d’opérations et une méthode de traiter les hernies (1779).
Les deux volumes de ce titre réunissent deux de ses œuvres, comme indiqué dans la notice bibliographique. Le tome deux est entièrement consacré aux hernies. Il contient, outre le texte de Le Blanc, un Essai sur différentes hernies, dû à un certain M. Hoin, chirurgien-gradué à Dijon qui a envoyé son texte à Le Blanc.
Le Précis d'opération est destiné aux élèves, qu'il encourage à étudier l'anatomie. Il comporte à la fin du volume des planches d'instruments particuliers, utiles à telle ou telle opération.
On notera le portrait gravé de l'auteur par François Rolland Elluin (1745-1810), face à la page de titre, ainsi que le frontispice. Pour ce qui est de la provenance, il faut également remarquer sur cet exemplaire le cachet "donation Am. Bonnet", recouvert par celui de la bibliothèque universitaire de Toulouse.
Res Sc 104 156
Réaumur (René-Antoine Ferchault de)
Mémoires pour servir à l'histoire des insectes... - Paris : Imprimerie royale, 1734. - 6 volumes ; In-4.
Provenance : université de Caen (juin 1911)
Scientifique brillant, René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757) était aussi très éclectique et s'est intéressé à tous les domaines de la science. Il fut élu membre de l’Académie des sciences dès l’âge de vingt-cinq ans et a publié de nombreux mémoires qui lui valurent le surnom de Pline du XVIIIe siècle.
Il est aussi bien connu pour son invention du thermomètre à alcool. Mais Réaumur fut aussi l'un des premiers grands entomologistes. Il démontra que les coraux appartiennent au règne animal.
Son principal titre de gloire en sciences naturelles est sans doute son ouvrage sur les insectes : Mémoires pour servir à l’histoire des insectes (1734-1742), en douze volumes. C'est en fait la réunion de différents mémoires, groupés par thèmes à l'intérieur des volumes. Ainsi, le tome 1 est consacré aux chenilles et papillons (14 mémoires).
Les planches gravées par Simonneau sont remarquables, de même d'ailleurs que les bandeaux et lettrines du texte.
L'exemplaire que nous en présentons, outre qu'il s'agit de l'édition originale, présente la particularité d'avoir fait partie de la bibliothèque de la marquise de Pompadour (1721-1764), favorite de Louis XV. Sa reliure en plein veau marbré est frappée aux armes de la dame (trois tours), et il figure bien au Catalogue des livres de la bibliothèque de feue madame la marquise de Pompadour, publié à Paris en 1765.
Res Med 128 312
Andry (Nicolas)
De la génération des vers dans le corps de l'homme. De la nature & des especes de cette maladie, de ses effets, de ses signes, de ses pronostics : des moyens de s'en préserver, des remedes pour la guérir, &c. Par Me Nicolas Andry, docteur en medecine de la faculté de Paris. Avec trois lettres écrites à l'auteur, sur le sujet des vers ; les deux premieres d'Amsterdam par M. Nicolas Hartsoéker, & l'autre de Rome par M. Georges Baglivi. - A Paris : chez Laurent D'Houry, 1700. - In-12.
Ex-libris manuscrit sur le contre-plat. Cachet "Bibliothèque de Limoges".
Provenance : Ecole de médecine de Limoges.
Fils d’un marchand de Lyon, Nicolas Andry (1658-1742) fit des études de philosophie à Paris. En 1685, il se fit tonsurer sous le nom d’abbé Andry de Bois-Regard et suivit des cours de théologie pendant deux ans, mais il quitta rapidement la religion pour entrer comme enseignant au collège des Grassins.
Après avoir fait paraître plusieurs ouvrages de grammaire française, il abandonna en 1690 les belles lettres pour la médecine. Reçu docteur de la faculté de Reims en 1693, puis de celle de Paris en 1697 (avec une thèse portant sur l'action que peuvent avoir dans la cure des maladies la gaieté du médecin et l'obéissance du malade), il exerça la médecine tout en se lançant dans la littérature médicale.
Il publia, en 1700, De la génération des vers dans le corps de l’homme. La parasitologie étant, à cette époque, une science nouvelle, Andry fut remarqué par les sommités médicales et fut bientôt nommé professeur de médecine au Collège royal.
A partir de 1702, il collabora au Journal des savants où il s’abandonna aux joies de la critique virulente, à tel point que plusieurs pamphlets furent dirigés contre lui. Il fut néanmoins élu doyen de la Faculté de médecine de Paris en 1712, mais critiqua vivement un si grand nombre de médecins qu’il dut renoncer à cette charge.
Il a aussi écrit que L’orthopédie ou l’art de prévenir et de corriger dans les enfants les difformités du corps (1741), dans lequel de petits tableaux dessinés par A. Humblot et gravés par Guélard représentent les enfants de son temps dans leurs attitudes et leurs costumes familiers. Ce livre et le premier cité ont fait de Nicolas Andry, un initiateur de la médecine moderne.
Ce livre traite une matière un peu particulière, mais comme l'écrit dans l'approbation de cet ouvrage Guy Crescent Fagon, premier médecin du roi, "Un des plus vils animaux du monde y est examiné avec une si noble érudition, que l'on perd d'abord l'idée de sa bassesse : Et tout le dégoût que cette matière pourroit causer, cede à l'agreable diversité des faits, & à l'élégance avec laquelle ils sont rapportez."
Nicolas Andry a écrit ce livre à la suite de cas pratiques qu'il a rencontrés. Les planches de la fin représentent des vers qu'il a conservés. Il expose tour à tour les causes et les signes de la maladie, décrit les vers et propose des remèdes.
Res Med 125 675
Petit (Jean-Louis)
Traité des maladies chirurgicales, et des opérations qui leur conviennent ; ouvrage posthume de M. J. L. Petit, ... Mis au jour par M. Lesne, ... - A Paris : chez Méquignon l'Aîné, 1783. - 3 volumes in-8.
Cachet "A. Magail". Cachet de la bibliothèque de l'Ecole de médecine et de pharmacie de Marseille.
Provenance : Ecole de médecine de Marseille
Célèbre chirurgien français (1674-1750), Jean-Louis Petit avait montré dans son enfance une passion précoce pour l’anatomie. Il étudia la médecine à Paris, puis de 1692 à 1697, devient chirurgien militaire. En 1700, il fut reçu maître en chirurgie et dispensa des cours publics d’anatomie et d’opérations, tout en jouissant d’un immense succès comme praticien.
Jean-Louis Petit fut l’un des fondateurs de l’Académie de chirurgie (1731). Il était également membre de l’Académie des sciences et de la société royale de Londres.
Sa réputation de chirurgien était si grande qu’on l’appelait dans tous les cas graves et peu d’opérations délicates étaient exécutées sans qu’il y fut présent. Ses recherches firent considérablement avancer les progrès de la chirurgie.
Il est l’auteur de plusieurs traités : Traité des maladies des os (1723), Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent (1774). Il a fourni de très nombreux articles aux Mémoires de l’Académie royale de chirurgie et au Recueil des mémoires de l’Académie des sciences.
Il a aussi écrit un Traité des maladies des os (1723), qui offre la particularité rare en ce siècle d'être décoré de nombreuses gravures sur bois dans le texte.
Son Traité des maladies chirurgicales ne parut qu'après sa mort, survenue en 1750, et par les soins d'un de ses anciens élèves, Lesne. C'est incontestablement l’œuvre de sa vie, car s’il ne put malheureusement pas l'achever, il y avait travaillé durant douze années.
Il est orné de 90 planches gravées par Simonneau d'instruments de chirurgie. On trouve en outre son portrait, gravé par Julie Hardivillier d'après un tableau de Vigé, dans le premier volume.
Bibliothèque universitaire de Leipzig
Res Med 126 882
Manfredi (Girolamo)
De medicis et infirmis collectanea in ordinem centiloquii congesta. Authore Hieronymo Mamfredo clariss. philosopho, medico, astrologo. Insuper in vigintiocto mansiones lunae, deque impedimentis ejusdem generalibus, Joannis Schöneri mathematici collectanea. - Impressum Nurembergae : sumptu Georgii Wachter , 1530. - In-8.
Cachet de Leipzig.
Jérôme Manfredi, médecin italien du quinzième siècle, habitait Bologne, où il enseigna jusqu'en 1492 et termina sa carrière. Il était fort attaché à l'astrologie, et s'appliquait surtout à démontrer la nécessité des recherches astronomiques pour assurer le traitement des maladies. Aussi publiait-il chaque année une espèce de calendrier dans lequel il signalait, pour chaque mois, les jours favorables et défavorables à l'administration des remèdes.
On a de lui Centiloquium de medicis et infirmis (Bologne, 1483).
C'est à la quatrième et dernière édition de cet ouvrage, faite à Nuremberg en 1530, qu'appartient le volume présenté. L'auteur y souligne l'influence des astres (et de la lune en particulier) pour la préparation et l'administration des médicaments. D'après lui, la date de naissance, et donc la configuration du ciel à ce moment, influe sur toute la vie. Ainsi, certaines dates prédisposent à être épileptique... ou à faire un bon médecin !
L'ouvrage est orné d'un titre avec encadrement de colonnes, sur lequel a été apposé le cachet de la bibliothèque universitaire de Leipzig.
Res Med 104 297
Dioscoride, La Ruelle (Jean de)
Pedanii Dioscoridis Anazarbei, De Medicinali materia libri sex, Joanne Ruellio Suessionensi interprete...Accesserunt priori editioni, Valerii Cordi Simesusii annotationes ... Euricii Cordi Simesusii Judicium de herbis & simplicibus medicinæ... Herbarum nomenclaturæ, variarum gentium, Dioscoridi adscriptæ, secundum literarum ordinem expositæ. Aut. Conrado Gesnero, medico... - Franc[oforti] : apud Chr. Egenolphum , [1549]. - In-folio.
Provenance : Bibliothèque universitaire de Leipzig.
Dioscoride (Pedianos Dioscouridès, 01-99 après JC) exerça à Rome en tant que médecin militaire. Il écrivit ses œuvres en grec. Dans son De materia medica, il traite de quelque 600 plantes et presque 1 000 remèdes. Cet important ouvrage fut très utilisé au Moyen-Age dans sa traduction latine du VIe siècle. Il fut imprimé en version latine à Colle en 1478 et en grec à Venise chez Alde Manuce en 1499. Il devait faire ensuite l'objet de nombreuses éditions à travers tout le XVIe siècle. Cette œuvre inspira aussi les commentateurs.
Jean de La Ruelle (1474-1537), le traducteur de cet ouvrage, était médecin de François Ier. Avec d'autres, il contribua à ramener la pharmacologie des recettes compliquées des Arabes aux sources de la nature.
Au XVIe siècle, le retour aux Anciens conduit à une étude plus exacte des plantes. Les études de botanique, connexes avec la médecine, connaissent ainsi une véritable renaissance, laquelle est surtout due à la vogue de l'auteur grec Dioscoride.
L'ouvrage débute par un index des plantes citées, suivi d'un index des maladies avec le numéro de la page où se trouve la plante appropriée à sa guérison.
Pour chaque plante, la gravure sur bois s'accompagne d'une description textuelle indiquant l'usage qu'il convient d'en faire.
L'exemplaire présenté ajoute à l'intérêt de son contenu une remarquable reliure, estampée à froid avec un décor à la plaque, et qui, chose rare, a conservé ses fermoirs.
Res Med 126 275
Ten Rhyne (Wilhem)
Wilhelmi Ten Rhyne... Dissertatio de arthritide : Mantissa Schematica : De
acupunctura : et Orationes tres ... Singula ipsius authoris notis, nec non iconibus illustrata. - Londini : impensis R. Chiswell ; et prostat Hagæ-Comitum : apud Arnoldum Leers , 1683. - In-8.
Cachet de la bibliothèque universitaire de Leipzig.
Provenance : bibliothèque universitaire de Leipzig.
Guillaume Ten Rhyne, naturaliste hollandais né vers 1640, fit ses études à Leyde. En 1673, il fut nommé médecin de la Compagnie des Indes orientales.
Il ouvrit des cours de médecine et d’anatomie à Batavia. Ten Thyne profita de son temps libre pour faire des excursions dans les îles de Java et de la Sonde, et découvrit alors de nombreuses plantes nouvelles qu’il envoya en Europe au botaniste Breyn. Ensuite, il fut appelé au Japon pour y soigner l’empereur, atteint d’une maladie grave.
En 1674, il rentra en Europe et devint le collaborateur de van Rheede pour la rédaction de L’Hortus mulabaricus.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de médecine : Meditationes in Hippocratis textum XXIV de veteri medicina (1672), De arthritide, de chymiae et botanicae dignitate, de physiognomia, de monstris (1683), Schediasma de promontorio Bonae Spei et de Hottentotis.
Ce livre rarissime est une réunion de plusieurs traités.
Dans le premier, Ten Rhyne traite de l'arthrite, qu'il entend au sens général de douleur des articulations.
Les deux textes suivants, Mantissa schematica et De acupunctura, parlent de la technique chinoise de l'acupuncture. Les planches présentées à ce sujet sont d'ailleurs empruntées à des auteurs asiatiques. La planche 2 par exemple montre sur le corps d'un homme les différents points d'acupuncture établis par la médecine chinoise.
Enfin, les trois lettres traitent respectivement de l'antiquité et de la dignité de la chimie et de la botanique, de la physionomie et des monstres.
Bibliothèque universitaire d'Utrecht
Res Med 131 774
Bartholin (Thomas)
Thomae Bartholini Acta medica & philosophica Hafniensia Ann. 1671 (-1676). Cum aenis figuris. - Hafniae : sumptibus Petri Haubold, 1673-1677. - 2 volumes in-4.
Cachet d'Utrecht.
Provenance : Bibliothèque universitaire d'Utrecht.
Thomas Bartholin, né en 1616 à Copenhague, appartenait à une famille d’érudits. Son père, Gaspard Bartholin, fréquenta les plus grands savants, professa la médecine dans plusieurs villes d’Europe et fut nommé recteur de l’Université de Copenhague en 1618. Ses frères, Barthélémy et Erasme, ainsi que ses deux fils furent d’éminents professeurs.
Après avoir longuement parcouru l’Europe et rencontré de nombreux savants, Thomas Bartholin revint à Copenhague et fut nommé, en 1648, professeur d’anatomie. Sa bibliothèque personnelle ayant entièrement brûlé en 1670, Christian V lui offrit à titre de dédommagement les émoluments de médecin du roi et la direction de la bibliothèque de l’université, puis le nomma conseiller d’Etat en 1675. Il décéda cinq ans plus tard, à l’âge de 64 ans, en 1680.
Il publia plus de soixante-dix ouvrages, dont Anatomia (1640), De luce animalium (1647), Historiarum anatomicarum et medicarum centuriae (1654-1660), De medicina danorum domestica (1666), Acta medica et philosophica Hafniensia (1672-1679, 5 volumes), De perigrinatione medica (1674).
L'anatomie lui doit beaucoup (démonstration des vaisseaux lymphatiques, rôle du foie, défense de la circulation du sang, etc).
Le livre présenté regroupe des observations, la plupart ayant été faites par ses élèves. Celle qui sont de lui concernent essentiellement l'anatomie comparée. Nous ne possédons que deux volumes sur les cinq que compte normalement ce titre.
Quelques gravures sont insérées dans le texte. L'une d'elle, que nous reproduisons, est consacrée à des anomalies de la Nature : elle montre la main et le pied à six doigts d'un Ethiopien.
Sur la page de titre de notre exemplaire, on remarquera le cachet d'Utrecht, avec mention "double".
Conservatoire de Botanique de Genève
Res Sc 100 061
Allioni (Carlo)
Flora Pedemontana sive Enumeratio methodica stirpium indigenarum Pedemontii auctore Carolo Allionio... - Augustae Torinorum : Excudebat Joannes Michael Briolus, 1785. - 3 vol. in-fol.
Ex-dono Doctoris Montfalcon ; D. Rapin ; cachet du Conservatoire de Botanique de la ville de Genève, marqué "Annulé".
Provenance : Conservatoire de Botanique de la ville de Genève
Carlo Allioni, né à Turin en 1725, fut reçu médecin en 1747. Il devint professeur à Turin et consacra dès lors sa vie à l’étude des sciences, de la médecine et de la botanique. Ses premières études lui valurent une telle renommée qu’il fut reçu dans de très nombreuses sociétés savantes européennes. En 1760, il fut nommé professeur de botanique à l’Université de Turin et se vit confier la direction du jardin botanique. Il devint ensuite directeur du musée de Turin. Très malade à partir de 1781, il dut abandonner sa chaire à l’Université de Turin mais poursuivit jusqu’à sa mort, en 1804, ses travaux de recherche.
Allioni publia de nombreux ouvrages de botanique, particulièrement sur la flore d’Italie. Il consacra aussi une partie de son temps à la médecine. Après avoir observé une épidémie de fièvre dans le Piémont, il rédigea un traité de médecine, en 1758, intitulé Tractatio de Miliarum origine, progressu, natura et curatione, et qui connut un grand succès. Néanmoins, sa notoriété de botaniste l’emporta sur celle de médecin. Pierre Loefling, éminent botaniste suédois, donna en hommage à Allioni, le nom d’Alliona à un genre de plantes appartenant à la famille des Nyctaginacées.
Le grand travail de toute sa vie porte sur la flore des montagnes de son pays natal et a donné lieu à l'ouvrage intitulé Flora Pedemontana, sive enumeratio methodica stirpium indigenarum Pedemontii. C'est un exemplaire de cette édition, publiée à Turin en trois volumes en 1785, que possède aujourd'hui le SCD de Toulouse III.
Deux mille huit cent treize plantes y sont décrites, dont deux cent trente-sept espèces nouvelles. Les planches, dessinées par Pietro Peiroleri, sont précédées d'une description des plantes selon les numéros qui leur sont attribués dans lesdites planches.
Notre exemplaire porte deux ex-libris de médecins, ainsi que le cachet de l'institution donatrice, le Conservatoire de botanique de Genève.
Res Sc 124 132
Fourcroy (Antoine-François de.)
Elémens d'histoire naturelle et de chimie. Quatrième édition ; par M. Fourcroy - A
Paris : chez Cuchet, 1791. - 6 volumes.
Ex-libris manuscrit "Lahaille ptre". Ex-libris manuscrit du Séminaire des Missions Etrangères de Québec. Cachet du même Séminaire des Missions étrangères.
Provenance : Québec
Né à Paris en 1755, Antoine François de Fourcroy eut une brillante carrière. Protégé du médecin Félix Vicq d’Azir, pensionnaire de son père, il fut reçu docteur en 1780. Il suivit ensuite les cours du chimiste Bucquet, donna des cours à la Société royale de médecine et écrivit des ouvrages de vulgarisation scientifique. En 1784, il fut choisi par Buffon pour devenir professeur de chimie au Jardin du roi. Les cours de ce brillant orateur avaient tant de succès qu’il fallut élargir deux fois le grand amphithéâtre du Jardin des plantes ! Parallèlement, il poursuivait ses recherches scientifiques sur l’hydrogène, les explosifs tirés du salpêtre et de l’acide muriatique, le platine, le mercure, les dérivés de l’acide sulfureux, l’albumine, la fibrine du sang, les calculs urinaires, l’arôme des fleurs… En 1782, il collabora avec Lavoisier à la détermination de la nouvelle nomenclature chimique. En 1784, il fut élu à l’Académie des sciences.
Partisan de la révolution, il rejoignit le club des Jacobins, participa à la Convention, siégea en 1793 à l’Assemblée et fut nommé adjoint au comité d’instruction publique. Après le 9 thermidor, il entra au Comité de salut public. Il fit cependant de louables efforts pendant la terreur pour protéger les savants emprisonnés. En 1795, Fourcroy présenta le rapport sur la création de l’Ecole polytechnique. Il participa à la création de l’Institut dont il devint l’un des premiers membres pour la section de chimie.
Bonaparte l’appela au Conseil d’Etat en 1799. Fourcroy fut alors nommé directeur de l’Instruction publique et chargé de la réorganisation des établissements scolaires. Il jeta les bases de l’Université dont il avait espéré, en vain, être nommé le grand maître. Napoléon le fit commandeur de la Légion d’honneur puis comte de l’Empire. Il mourut le 16 décembre 1809.
Cette quatrième édition des Elements d'histoire naturelle et de chimie est assez semblable à la troisième, comme l'annonce la préface. Elle comporte cinq volumes de texte et un volume de tableaux. L'ordre suivi a été celui des cours de Fourcroy : en effet, celui-ci avait d'abord rédigé ce livre, en 1780 et 1781, pour servir de résumé à ses leçons.
Fourcroy se dit partisan de la doctrine dite pneumatique ou anti-phlogistique, c'est-à-dire qu'il n'admet que ce qui est prouvé par l'expérience et rejette toute hypothèse.
Ces volumes portent l'ex-libris d'un prêtre québécois, ainsi que celui du Séminaire des missions étrangères de Québec. Fondé en 1663 par Mgr François de Laval, le séminaire de Québec avait pris en 1665 le nom de Séminaire de Québec des Missions Etrangères après son union avec le Séminaire des Missions étrangères de Paris.
Res Sc 124 134
Pluche (abbé Noël-Antoine)
Le Spectacle de la Nature, ou Entretiens sur les particularités de l'histoire naturelle, qui ont paru les plus propres à rendre les jeunes-gens curieux, & à leur former l'esprit... - Nouvelle édition. - A Paris : chez la veuve Estienne & fils, 1744-1751.
Ex-libris cancellé "St Laubert (?) 1755". Ex-libris manuscrit "Le Guerne pbter 1778".
Ex-libris imprimé sur le contre-plat : "A la cure de Québec. Bibliothèque de Mr. Le Guerne".
Naturaliste et littérateur français (1688-1761), Noël-Antoine Pluche fut d'abord nommé professeur d'humanités dans le collège de sa ville natale de Reims, puis passa en 1713 à la chaire de rhétorique. Il devint prêtre peu après, et l'évêque de Laon lui offrit la direction du collège de sa ville. Mais son refus d'adhérer à la bulle papale Unigenitus le força bientôt à se démettre de ses fonctions. Il devint précepteur du fils de l'intendant de Rouen, puis de celui de lord Stafford, avant de s'installer à Paris et d'y donner des leçons de géométrie et d'histoire. Une surdité extrême l'obligea à se retirer en 1749 à Varenne-Saint-Maur, où il passa les douze dernières années de sa vie dans la prière et l'étude.
On a notamment de lui une Histoire du ciel (Paris, 1739), La Mécanique des langues (Paris, 1751), la Concorde de la géographie des différents âges (Paris, 1765), et une Harmonie des Psaumes et de l'Evangile (Paris, 1764).
Le livre présenté ici s'intitule Le Spectacle de la nature. La première édition a été publiée à Paris en 1732. Ouvrage agréable, tableau vivant et animé de l'œuvre de la Création, c'est le plus célèbre des livres de Pluche. Il a été réimprimé souvent et traduit dans toutes les langues de l'Europe, ainsi que donné en édition abrégée.
L'abbé Pluche a voulu donner un extrait du livre de la Nature, qui est "le plus savant & le plus parfait de tous les livres propres à cultiver notre raison." Il annonce qu'il ne cherche pas à comprendre les mécanismes de la nature, et ne souhaite faire qu'une exposition de la "décoration extérieure de ce monde". Pour rendre son propos plus agréable, il l'a écrit sous forme d'un dialogue imaginaire entre un jeune homme et un gentilhomme ami de son père chez lequel il séjourne.
Il commence dans le premier volume par les animaux et les plantes. Ce premier tome s'orne d'un frontispice illustrant le sujet traité (le frontispice change donc à chaque volume), accompagné d'un extrait du Livre des rois. Quelques planches dépliantes gravées sont insérées dans chaque volume.
L'ex-libris du prêtre Le Guerne, présent sur cet exemplaire, se retrouve sur plusieurs des volumes donnés par Québec à la bibliothèque universitaire de Toulouse.
Bibliothèque universitaire d'Oslo
Res Med 124 455
Verduc (Jean-Baptiste)
Nouvelle ostéologie, où l'on explique mécaniquement la formation & la nourriture des os. Avec le squelette du fœtus, et une dissertation sur le marcher de l'homme & des animaux, sur le vol des oiseaux, & sur le nager des poissons. Par Jean-Baptiste Verduc, docteur en médecine. - Seconde édition. - A Paris : chez Laurent d'Houry, 1693. - In-12.
Ex-libris manuscrit sur le contre-plat supérieur en partie recouvert : "[Le] present livre appert[ient] ... garçon chirurgien... Sint-Cosme à Paris... 1769".
Cachet de la bibliothèque universitaire de Christiana (Oslo) avec mention DBL au centre.
Provenance : bibliothèque universitaire d'Oslo
Jean-Baptiste Verduc (parfois répertorié sous le prénom de Jean-Philippe) est un médecin français et chirurgien du XVIIe siècle. Son père, Laurent Verduc, était lui-même un chirurgien toulousain.
Jean-Baptiste Verduc est l’auteur de plusieurs ouvrages de médecine, traitant notamment d’ostéologie et de chirurgie. Il enseigna la médecine à Paris durant plusieurs années et mourut jeune.
Ses ouvrages, assez nombreux, sont peu remarquables. Verduc a fait quelques expériences curieuses sur les effets de l'ablation totale ou partielle du cerveau. Son traité de chirurgie, disent les biographes, est faible et purement compilatoire. Celui de physiologie est, toujours d'après les mêmes, rempli d'explications futiles, et l'on n'y trouve rien qui mérite d'être signalé.
On ne distingue guère que le Traité d'ostéologie, que nous présentons ici dans sa. deuxième édition (la première datant de 1690). Le squelette, dit la préface, est "le fondement sur lequel la nature bâtit ce merveilleux édifice du corps de l'homme [...] l'instrument dont elle se sert pour regler les belles proportions qu'elle donne à ses membres." Sa connaissance est donc fort utile. L'auteur commence par des généralités sur l'os, puis examine les différents os du squelette adulte, ainsi que de celui du fœtus. Jean-Baptiste Verduc établit que les os sont nourris par le sang, et non par la moelle. Mais les principaux faits qu'il rapporte au sujet de l'ostéogénie sont tirés et quelquefois même traduits littéralement de Kerkring.
La Nouvelle ostéologie est accompagnée d'une Dissertation sur la marche… extraite en grande partie de Borelli.
L'exemplaire du SCD Toulouse III porte sur le contre-plat un petit cachet rouge avec les mots "univ. Bibl. Chra.", et la mention "Dbl", double. Rappelons que Christiana est l'ancien nom de la ville d'Oslo.
A cela s'ajoute l'ex-libris manuscrit d'un chirurgien français du XVIIIe siècle, en parti illisible. Tout ceci montre que ce livre a fait bien du chemin pour parvenir jusqu'à nous.
Res Med 124 497
Charas (Moïse)
Nouvelles experiences sur la vipere, ou l'on verra une description exacte de toutes ses parties, la source de son venin, ses divers effets, & les remedes exquis que les artistes peuvent tirer du corps de cet animal. Avec une suite des nouvelles experiences sur la vipere, et une dissertation sur son venin, pour servir de replique à une lettre que Monsieur François Redi gentil-homme d'Arezzo a écrite à Messieurs Bourdelot & Morus, imprimée à Florence en l'année 1670. - A Paris : chez l'auteur ; Jean d'Houry ; Olivier de Varennes ; Thomas Moette, 1672. - In-8.
Ex-libris imprimé arraché sur le contre-plat. Cachet "Blondeau pharmacien ... Paris". Provenance : bibliothèque universitaire de Christiana (Oslo).
Moïse Charas (1619-1698) étudia la pharmacie à Montpellier puis à Blois. Il s’établit d’abord à Orange et vint ensuite à Paris, où il ouvrit la pharmacie Aux vipères.
Il fit des recherches sur la thériaque, médicament fort utilisé à son époque, et publia en 1668 Histoire naturelle des animaux, des plantes et des minéraux qui entrent dans la composition de la thériaque d’Andromachus. Il reçut alors le titre d’artiste démonstrateur au Jardin du roi et d’apothicaire du duc d’Orléans. Il s’intéressa beaucoup aux serpents et publia en 1669 Nouvelles expériences sur la vipère et, quelques années plus tard, un ouvrage sur la pharmacopée médiévale.
Etant calviniste, il dut se réfugier en Angleterre puis en Hollande, juste avant la révocation de l’Edit de Nantes. En 1684, il se rendit en Espagne afin de soigner le roi, mais il ne tarda pas à avoir des démêlés avec l’Inquisition. Jeté dans les cachots de Saint-Jacques de Compostelle, il dut abjurer pour recouvrer sa liberté. Il revint alors à Paris en 1689 et reprit son commerce d’apothicaire avec l’un de ses fils. Il fut élu à l’Académie des sciences en 1692 et mourut six ans plus tard.
Les Nouvelles experiences sur la vipere est un traité recherché à la fois par les médecins et les pharmaciens bibliophiles. La vipère était un remède à la mode à l'époque de Charas, en particulier le bouillon fait avec cet animal.
D'après la préface, Moïse Charas se donne trois buts en écrivant cet ouvrage :
- examiner les observations des anciens et réfuter celles qui sont erronées.
- en rapporter d'autres
- trouver dans la vipère des remèdes contre sa morsure et contre d'autres maladies.
Il a disséqué lui-même beaucoup de vipères et fait des expériences de morsures sur des animaux. Son livre s'illustre de plusieurs planches anatomiques. Le frontispice, lui, présente deux vipères enlacées, formant un caducée, avec d'un côté, une corne et un "récipient", de l'autre un "alambic" et une "cucurbite à col estroit".
Le cachet de la bibliothèque universitaire de Toulouse recouvre celui d'un pharmacien parisien dénommé Blondeau.
Res Med 126 360
Verdier (César)
Abrégé de l'anatomie du corps humain, où l'on donne une description courte & exacte des parties qui le composent, avec leurs usages. Par M. Verdier, ... Tome second . - Quatrième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée. Par M. Sabatier, .... - A Paris : chez P. Fr. Didot, 1768. - In-12.
Ex-libris manuscrit "Bertrand Borel". Ex-libris imprimé du Docteur L. Secheyron, chirurgiens des hôpitaux de Toulouse.
Provenance : don Sécheyron (novembre 1911)
César Verdier (1685-1759), après avoir suivi des cours de chirurgie et découvert son goût pour l'anatomie, vint se fixer à Paris. Jean-Louis Petit lui fit partager ses travaux et lui confia son amphithéâtre. Il fut reçu maître dans la communauté de Saint-Côme en 1724. En 1725, il fut nommé démonstrateur royal pour l'anatomie. Lors de la création de l'Académie royal de chirurgie, en 1731, il fit partie des premiers membres. Il mourut en 1759 des suites d'un catarrhe suffocant.
César Verdier publia pour ses élèves un Abrégé de l'anatomie du corps humain très clair et précis. Cet ouvrage contient toutes les parties de cette science nécessaire au chirurgien. Il a servi à former une multitude de jeunes gens. C'est un bon extrait de l'Exposition anatomique de Winslow, auquel Verdier a ajouté quelques réflexions chirurgicales. Il y a eu neuf éditions françaises, dont la première date de 1725, et la dernière, la nôtre, de 1768. Cette édition de 1768 contient des corrections et augmentations dues à Sabatier, chirurgien alors notoire.
Sur le contre-plat de notre exemplaire est collé l'ex-libris gravé du chirurgien toulousain Sécheyron . Cet ex-libris représente, sur fond de montagne, un coq dressé sur un ouvrage ouvert portant "Traité d'hystérectomie Dr Sécheyron 1888", et dessous la devise "Toujours prest".
Res Med 123 008
Dionis (Pierre)
Cours d'opérations de chirurgie, démontrées au jardin royal, par M. Dionis, premier chirurgien de feues Mesdames les Dauphines, & chirurgien juré à Paris - Huitième édition, revue, augmentée de remarques importantes, & enrichie de figures en tailles-douces... par M. George de La Faye... - A Paris : chez la veuve d'Houri, 1777. - In-8.
Provenance : don Privat
Pierre Dionis (1643-1672) fut l’un des plus remarquables chirurgiens de son temps. Il fit ses études de chirurgie à la Confrérie Saint-Côme et fut nommé, en 1672, professeur d’anatomie et de chirurgie au jardin royal (Jardin des plantes), avec ordre d'y enseigner la circulation du sang et les dernières découvertes. Ses cours eurent un succès considérable : il réunissait autour de lui jusqu’à 500 auditeurs chaque jour. Il était le premier à avoir fait en public des dissections anatomiques et des opérations chirurgicales.
En 1680, il abandonna ses cours pour devenir chirurgien de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, puis il se mit également au service de la Dauphine et de la duchesse de Bourgogne. En 1712, il fut nommé par le roi premier chirurgien des enfants de France.
Il a laissé plusieurs ouvrages qui eurent un prodigieux succès et furent réédités plusieurs fois : L’Anatomie de l’homme suivant la circulation du sang et les dernières découvertes (1690), réunion de ses cours publics, Dissertation sur la génération de l'homme (1698), Cours d'opérations de chirurgie (1707), Dissertation sur la mort subite (1709) et traité général des accouchements (1718).
Le Cours d'opérations de chirurgie démontrées au Jardin royal est un ouvrage encore amusant à lire aujourd'hui pour ses anecdotes et instructif pour ce qu'il révèle de la pratique chirurgicale de l'époque. Il est aussi l'un des plus remarquables des ouvrages de chirurgie du XVIIIe siècle pour ses petites planches illustrées.
Publié pour la première fois à Paris en 1707, il eut un grand nombre d'éditions pendant tout le siècle. En tête se trouve un portrait de l'auteur, puis, face à la page de titre, s'offre une belle vue du Jardin royal. Dans les planches de l'ouvrage apparaissent les instruments chirurgicaux nécessaires à chaque opération, étalés sur une table. En revanche, Dionis ne montre aucune opération.
L'exemplaire présenté faisait partie de l'important don fait par Edouard Privat, imprimeur et libraire toulousain, en faveur de la bibliothèque universitaire après l'incendie de 1910.
Res Med 127 734
Diemerbroeck (Isbrand de)
Isbrandi de Diemerbroeck... Opera omnia anatomica et medica, partim jam antea excusa, sed plurimis locis ab ipso auctore emendata, & aucta, partim nondum edita. Nunc simul collecta, & diligenter recognita per Timmanum de Diemerbroeck Isb. fil...- Genevae : apud Samuelem de Tournes, 1688. - 2 volumes in-4
Don Fock.
Isbrand de Diemerbroeck (1609-1674) étudia les lettres, la philosophie et la médecine à Leyde. Il se rendit ensuite en France et passa son doctorat à Angers. Puis il alla s’établir à Nimègue afin d’y soigner, avec un zèle remarquable, les malades victimes de l’épidémie de peste dans les années 1636-1637. Il acquit ainsi la réputation d'excellent praticien. Il se fixa ensuite à Utrecht où il devint professeur de médecine et d'anatomie (en 1649), puis recteur de l'université.
Il a fait peu de découvertes importantes en anatomie, mais ses ouvrages contiennent beaucoup de faits dont on peut encore aujourd'hui tirer parti, notamment pour l'anatomie pathologique.
Ses principaux écrits sont De peste libri quatuor (1644) et Anatome corporis humani (1672). Ils ont été rassemblés en 1685 avec d'autres sous le titre Opera omnia anatomica et medica. C'est un exemplaire de cette édition que possède le SCD de Toulouse III et que nous avons choisi de présenter.
Ce livre comprend plusieurs traités dont certains n'avaient encore jamais été publiés. L'anatomie, base de la médecine, occupe à elle seule un des deux volumes. Dans le tome 2, on trouve le Tractatus de peste, inédit, le Tractatus de variolis & morbillis, les Observationes & curationes medicae, et les Disputationes practicae.
Le frontispice représente un amphithéâtre, avec au centre un corps allongé sur une table de dissection. Encadrant le titre se dressent deux statues : à gauche, Vésale, à droite, Spieghel. C'est la reprise à l'identique du frontispice de l'édition de 1672 d'Anatome corporis humani, gravé par P. Pinchard. L'ouvrage s'illustre par ailleurs de planches gravées sur cuivre, ainsi que d'un beau portrait d'Isbrand de Diemerbroeck par François Diodati.
Res Med 100 208
Galien
Galeni librorum quarta classis signa quibus tum dignoscere norbos & locos affectos, tum praescrire futura possimus, docet. - Quarta hac nostra editiones, ob additum librum, & plurimos locos ex veterum Graecorum codicum collatione nuper emendatos, ornatior prodiens... - Venetiis : apud Juntas, 1565. - In-fol.
Ex-libris manuscrit du collège des Jésuites de Castres :"Coll. Castrensis Soc. Jesu cat. Adscriptus". Ex-dono manuscrit : "Don à la Bibliothèque de la Faculté de médecine de Toulouse. L. Escat."
Provenance : don Docteur Escat, entré le 16 mars 1925.
Galien (vers 131-vers 201) fut le plus grand médecin de l'Antiquité après Hippocrate. Ses études anatomiques sur les animaux et ses observations sur les fonctions du corps humain dominèrent la théorie et la pratique médicales pendant quatorze siècles.
Né à Pergame, où se trouvait un lieu saint dédié au dieu grec de la médecine, il observa tout jeune les techniques médicales de l'époque. Il reçut sa formation de médecin à Smyrne, puis entreprit de nombreux voyages pour élargir ses connaissances. Vers l'an 161, il s'installa à Rome où il se rendit célèbre grâce à ses capacités de médecin, ses dissections et son enseignement. Vers l'an 169, l'empereur romain Marc Aurèle lui confia la santé de son fils Commodus. Galien passa sans doute le reste de sa vie à Rome.
Galien disséqua de nombreux animaux afin d'expliquer le contrôle des muscles par la moelle épinière. Il observa les fonctions du rein et de la vessie, et identifia sept paires de nerfs crâniens. Il montra que le cerveau contrôle la voix et que les artères transportent le sang. En outre, Galien donna une description des valvules du cœur et constata les différences de structure entre les artères et les veines.
Galien fut également loué par ses contemporains pour ses idées en philosophie. Dans son traité De l'utilisation des parties du corps humain, il suivit l'approche d'Aristote selon laquelle il n'y a rien dans la nature qui soit inutile. La principale contribution de Galien à la philosophie fut de mettre en forme le concept selon lequel les objectifs de Dieu sont explicables par l'observation de la nature.
Galien a produit environ cinq cents textes sur la médecine, la philosophie et l'éthique. Ses ouvrages médicaux furent traduits au IXe siècle par des intellectuels arabes et furent hautement considérés par les humanistes de la Renaissance.
Ainsi, notre édition vénitienne de Galien correspond à la période d'édition humaniste, où l'on s'attachait à revenir au texte originel, et a été pour cela réalisée à partir de manuscrits grecs.
Le frontispice est composé d'un encadrement constitué de compartiments contenant chacun une scène de la vie de Galien.
La première partie du livre est couverte d'annotations marginales et de passages soulignés dans le texte. Ces commentaires s'arrêtent au folio 34 pour reprendre de façon plus sporadique vers la fin du volume.
Pour ce qui est des marques de propriété, on notera l'ex-libris manuscrit du collège des Jésuites de Castres, sur la page de titre ("Coll. Castrensis Soc. Jesu cat. Adscriptus"), ainsi que l'ex-dono du docteur Escat, donateur de l'ouvrage.
Res Sc 104 773
Schaeffer (Jacob Christian)
D. Jacobi Christiani Schaefferi... Fungorum qui in Bavaria et Palatinatu circa Ratisbonam nascuntur icones nativis coloribus expressae. - Editio nova commentario aucta a Dr. C. H. Persoon. - Erlangae : apud Joannem Jacobum Palmium, 1800. - 5 volumes in-folio.
Provenance : don L'Homme
Jacob Christian Schaeffer (1718-1790) fit montre dès son enfance d'une véritable passion pour les sciences. Bien qu'orphelin et dépourvu de moyens, il parvint presque à terminer ses études à Halle, où les professeurs furent touchés par son zèle et l'aidèrent. Sur recommandation, il obtint une place de précepteur chez un riche négociant de Ratisbonne, puis, à la mort de ce protecteur, accepta une place de prédicateur. Il acquit si bien la confiance des habitants dans cette charge qu'en 1799, on lui octroya le poste important de surintendant évangélique, qu'accompagnait celui de président du consistoire.
Tous ses moments de loisir furent dès lors consacrés à l'histoire naturelle. Les ouvrages qu'il publia, tant sur cette science que sur la théologie, lui procurèrent une grande réputation et lui valurent la faveur des souverains. François Ier, Marie-Thérèse et Joseph II le gratifièrent successivement, tandis que le roi du Danemark le nomma professeur honoraire au gymnase d'Altona.
L'entomologie et la mycologie furent les matières qu'il cultiva avec le plus de succès. Les ouvrages qu'il a publiés sur les diverses branches de l'histoire naturelle se font remarquer par l'exactitude des descriptions et la beauté des planches.
Le livre que nous présentons ici est la réédition d'un recueil de champignons, Fungorum qui in Bavaria et Palatinatu circa Ratisbonam nascuntur icones nativis coloribus expressae. Comme l'indique le titre, cet ouvrage est orné de très belles planches peintes d'après nature. Les quatre premiers volumes contiennent à la fois du texte (en latin et en allemand gothique) et des planches ; le cinquième est uniquement occupé par des commentaires écrits.
Le frontispice, également intéressant, a été dessiné par I.I. Preister et gravé sur cuivre par G. P. Frautner. On remarquera encore la vignette gravée sur cuivre qui orne la page de titre.
Res Med 130 086
Liceti (Fortunio)
Fortunius Licetus De Monstris. Ex recensione Gerardi Blasii, M. D. & P. P. Qui monstra quædam nova & rariora ex recentiorum scriptis addidit. - Editio novissima. Iconibus illustrata. - Amstelodami : sumptibus Andreæ Frisii, 1665. - In-4.
Provenance : don du Docteur Bergougnoux.
Fortunio Liceti, célèbre médecin et érudit italien (1577-1657), montra dès son jeune âge des dispositions pour l'étude et fut envoyé à 17 ans à l'université de Bologne. Ses études y furent fort brillantes. En 1600, il reçut à Gênes le double diplôme de docteur en philosophie et en médecine. Il obtint une chaire de logique à Pise, qu'il occupa pendant cinq ans. En remplissant ces fonctions, il développa une grande admiration pour le Starigite, ce qui le fit nommer en 1609 professeur de philosophie à l'université de Padoue. Ses cours avaient un grand succès mais, s'étant vu refuser deux fois la place de premier professeur, Licetus quitta Padoue pour Bologne. Néanmoins, en 1645, il accepta de revenir pour occuper la chaire de médecine théorique, qu'il conserva jusqu'à sa mort en 1657.
Ses écrits sont très nombreux, trop pour être tous cités ici.
Celui que nous présentons est le De monstris. Dans ce traité publié pour la première fois à Padoue en 1616 sous le titre De Monstrorum causis, natura et differentiis libri duo, Fortunio Liceti réunissait toutes les notions connues à cette époque sur les monstruosités.
La Biographie médicale écrit à ce sujet : "On y trouve rassemblé tout ce que l'imagination des anciens et des modernes a pu forger de contes absurdes sur les monstruosités auxquelles l'espèce humaine est sujette." Il est vrai que Fortunio Liceti y ajoute foi sans difficulté à tous les écarts de la Nature. Par ailleurs, en traitant un tel sujet, il répondait au goût de son époque, dans laquelle les monstres occupaient beaucoup les esprits.
La première édition était rédigée en latin et sans illustrations. L'auteur dut s'apercevoir que l'imagination du lecteur avait besoin de s'appuyer sur quelques gravures, car la seconde édition, faite à Padoue chez P. Frambotti en 1634, comportait une riche iconographie dans laquelle se reconnaissent les figures de Lycosthènes et d'Ambroise Paré. Ces images suggestives qui paraissent plus nées du cerveau de l'auteur que de la réalité durent connaître un grand succès car l'ouvrage fut réédité sous le titre De monstris...Editio novissima par les soins de Gérard Blasius (Amsterdam, A. Frisius, 1665), orné des mêmes gravures mais avec un frontispice différent.
C'est à la dernière édition citée qu'appartient l'exemplaire que nous présentons. On y remarque effectivement des figures représentant des monstres évoqués par les écrivains classiques grecs, comme un enfant à tête d'éléphant.
Plusieurs pages de l'exemplaire du SCD Toulouse III, donné par le docteur Bergougnoux après l'incendie de 1910, sont manquantes ou découpées.
Société de médecine de Toulouse
En 1922, la Société de médecine de Toulouse fit don à la bibliothèque universitaire de 1464 volumes, représentant trois fonds : les fonds Larrey, Gaussail et Dazet.
Res Med 121 597
Zimmermann (Jean-Georges)
Traité de l'expérience en général, et en particulier dans l'art de guérir ; par M. George Zimmermann, ... Traduit de l'allemand par M. Le Febvre de V. - Paris : chez Vincent, 1774. - 3 volumes in-12.
Cachet de la Société de médecine de Toulouse. Cachet "Don Dazet".
Provenance : Société de médecine de Toulouse
Jean-Georges Zimmermann (1728-1795) fit des études de philosophie et de lettres à l’université de Berne. Orphelin de bonne heure, il dut choisir une carrière et opta pour la médecine. Il fit ses études médicales à Göttingen sous le patronage d’Albrecht Haller et fut reçu docteur en 1751.
Il exerça la médecine à Brugg pendant seize années et, durant cette longue retraite, il écrivit plusieurs livres dont un traité intitulé De la solitude (1756), qui eut un prodigieux succès en Allemagne et en Angleterre. Il composa également un Traité de l’expérience en général, et en particulier dans l’art de guérir (1ère éd.1763-1767, 2 vol.) et un Traité de la dyssenterie épidémique (1767). Ces œuvres remarquables le firent nommer en 1768 médecin du roi d’Angleterre pour l’électorat de Hanovre. Il continua à écrire d’autres ouvrages, aussi bien dans le domaine de la médecine, que de la philosophie ou de l’histoire.
Ayant toujours été de nature dépressive, il devint misanthrope durant les dernières années de sa vie et se mit à attaquer avec violence les plus illustres savants de l’Allemagne. Il mourut en sombrant dans la folie.
Ce Traité de l'expérience est l'une des productions les plus estimées de Zimmermann. Il s'agit ici d'une traduction française, dont l'auteur nous avertit qu'elle s'est faite sur le fond et non mot à mot.
L'auteur examine d'abord comment nous viennent nos connaissances, définit et rejette la "fausse expérience", puis montre l'influence de l'érudition et celle de l'observation dans l'expérience.
On remarquera la reliure rouge avec décor à la roulette sur les plats.
Res Med 105 758
Recueil des pièces qui ont concouru pour le prix de l'Académie royale de chirurgie. - A Paris : chez Delaguette, 1753-1757 ; chez P. Al. Le Prieur, 1759 ; Michel Lambert, 1778. - 5 volumes in-4.
Cachet "Donation Auguste Larrey 1868". Cachet "Société de médecine de Toulouse".
Provenance : Société de médecine de Toulouse
L'Académie royale de chirurgie proposait chaque année un prix, consistant en une médaille d'or, qu'elle attribuait au meilleur mémoire rendu sur un sujet donné. Elle espérait ainsi favoriser l'écriture de dissertations suffisamment étendues pour en faire des ouvrages utiles sur des sujets essentiels et trop peu considérés à son goût.
Ce volume contient ainsi plusieurs mémoires, primés ou non, rendus sur les sujets proposés de 1732 à 1743. La plupart portent sur le sujet donné en 1732 pour le prix de 1733, et qui était le suivant : "Pourquoi certaines tumeurs doivent être extirpées & d'autres simplement ouvertes ; dans l'une & l'autre de ces opérations, quels sont les cas où le cautere est préférable à l'instrument tranchant, & les raisons de préférence ?".
Ce prix avait été remporté par M. Medalon.
Le livre s'ouvre sur un frontispice gravé par Jacques-Philippe Le Bas en 1742 d'après un tableau de François Boucher. Il représente un auteur recevant le prix de l'Académie royale de chirurgie, dans un décor et des costumes à l'Antique.
Avant d'entrer dans les collections de la bibliothèque universitaire de Toulouse, cet ouvrage avait fait partie de la donation Auguste Larrey, faite en 1868 en faveur de la Société de médecine de Toulouse. Auguste Larrey (1790-1871), chirurgien, était fils du célèbre Alexis Larrey, dont nous reparlerons plus en détails dans la notice suivante. Cette donation intervint du vivant dudit Auguste Larrey.
Res Med 121 505
Heister (Lorentz), Paul (François)
Institutions de chirurgie, où l'on traite dans un ordre clair et nouveau de tout ce qui a rapport à cet art : ouvrage de près de quarante ans, orné d'un grand nombre de figures en taille-douce, qui représentent les instrumens le plus approuvés & le plus utiles, le manuel des opérations, les appareils, & les bandages. Traduit du latin de M. Laurent Heister,... Avec un tableau des principales découvertes dont la chirurgie s'est enrichie depuis la dernière édition de l'auteur en 1750, jusqu'à l'année 1770, inclusivement. Par M. Paul, ... - A Avignon : chez J. J. Niel, 1770. - 4 vol. in-8.
Reliure aux armes de l'Ecole royale de chirurgie de Toulouse.
Cachet "Donation Auguste Larrey 1868". Cachet "Société de médecine de Toulouse".
Provenance : Société de médecine de Toulouse.
Lorentz Heister (1683-1758) étudia la médecine aux universités de Giessen, d’Amsterdam et de Leyde. Il prit part comme chirurgien de l’armée hollandaise à la campagne de Brabant en 1706 et devint chirurgien en chef. En 1710, il quitta l’armée pour l’université d’Altorf, où il occupa pendant neuf ans la chaire d’anatomie. Il alla ensuite se fixer à Helmstaedt, pour y enseigner l’anatomie, la chirurgie, la botanique et la médecine pratique.
Heister était un des meilleurs chirurgiens du dix-huitième siècle. Il publia des travaux de chirurgie qui lui acquirent une réputation européenne et qui lui valurent le surnom de Père de la chirurgie moderne en Allemagne. Ses ouvrages ont fait l’objet de nombreuses rééditions. On lui doit entre autres : Compendium anatomicum, veterum recentiorumque observationes brevissime complectens (1717), Chirurgie (1719), Compendium institutionum sive fundamentorum medicinae (1736) Compendium Medicinae practicae, cui praemissa est dissertatio de medicinae mechanicae praestantia (1745), Institutions de chirurgie.
La première édition allemande des Institutions de chirurgie fut faite en 1718 à Nuremberg et fut suivie de nombreuses éditions tant allemandes que latines, espagnoles, anglaises et françaises. La nôtre est la première édition française.
Toutes ces éditions sont ornées de 38 planches en taille-douce, assez grossières, représentant "les instruments le plus approuvés et le plus utiles, le manuel des Opérations, les Appareils, et les Bandages", et qui gardent encore aujourd'hui tout leur intérêt documentaire. Dans les scènes d'opérations, des chirurgiens portant perruques à boucles et costumes de la fin du règne de Louis XIV pratiquent tour à tour des amputations des bras et des jambes, opèrent des cataractes, procèdent à la taille de la pierre. Les scènes sont d'ailleurs assez rudes.
Cet exemplaire est un livre de prix remporté par Alexis Larrey, comme l'atteste l'inscription en lettres dorées sur la reliure : "Premier prix des Ecoles royales de Chirurgie de Toulouse remporté par Alexis Larrey premier eleve en chirurgie de l'Hopital de La Grave l'annee 1771". En outre, en tête de chaque volume se trouve un texte manuscrit attestant que cet ouvrage a été donné comme prix à Alexis Larrey.
Alexis Larrey (1750-1827) vint étudier la chirurgie à La Grave dès l'âge de 15 ans. Garçon chirurgien en 1772, il occupa à partir de 1778 le poste de chirurgien-major de La Grave, et ce pendant quinze ans. En 1793, il devint chirurgien-major à l'Hôtel-Dieu puis, sous le consulat et l'empire, chirurgien de la maison de charité de Saint-Sernin. En 1804, il était intendant de chirurgie des hospices. Lors de la création de la Société de médecine en 1801, il fut chargé de l'enseignement de l'anatomie, et en 1806, il fut choisi comme directeur de la nouvelle Ecole impériale de médecine et de chirurgie de Toulouse.
Res Med 121 560
Winslow (Jacques Bénigne)
Exposition anatomique de la structure du corps humain, par M. Winslow, ... Nouvelle édition, faite sur un exemplaire corrigé & augmenté par l'auteur, à laquelle on a joint de nouvelles figures & tables qui en facilitent l'usage, & la vie de l'auteur. - Paris : chez Vincent, 1767. - 4 volumes in-12
Exemplaire au nom d'Alexis Larrey. Cachet de la donation Auguste Larrey 1868. Cachet de la Société de médecine de Toulouse.
Provenance : Société de médecine de Toulouse
Fils et petit-fils de ministres luthériens, Jacques-Bénigne Winslow (Odensee 1669- Paris 1760) fit d’abord des études de théologie. Comprenant qu’il s’était trompé dans sa vocation, il entreprit des études de médecine. Le roi du Danemark lui attribua une pension afin qu’il puisse se rendre dans les principales universités d’Europe. Winslow se rendit en Hollande, puis à Paris où ses heureuses dispositions pour l’anatomie n’échappèrent point à ses maîtres. Après avoir lu L’exposition de la doctrine de l’Eglise de Bossuet, il décida de se convertir au catholicisme et rompit alors tout lien avec sa famille.
Reçu docteur de la faculté de médecine de Paris en 1705, il entra à l’Académie des sciences en 1707 et devint professeur d’anatomie et de chirurgie au Jardin du roi.
Winslow est l’auteur de plusieurs ouvrages d’anatomie et il est considéré comme le créateur de l’anatomie descriptive.
Son recueil intitulé Exposition anatomique de la structure du corps humain (1732) a été réédité de nombreuses fois et traduit dans presque toutes les langues de l’Europe. Malheureusement, Winslow se contenta pour l'illustrer de quatre petites gravures empruntées à Eustachi et placées à la fin. L'atlas de 80 planches qu'il projetait dans sa préface ne vit en effet jamais le jour. Un portrait de Jacques-Bénigne Winslow dessiné par Jean-Baptiste Garand figure vis-à-vis de la page de titre.
La reliure plein veau porte, en lettres dorées, la mention : "Premier prix du cours des maladies des os remporté par Alexis Larrey l'année 1773", ainsi que les armes de l'Ecole royale de chirurgie de Toulouse.
Sur la page de garde du premier volume, une note manuscrite certifie, comme pour le livre précédent, qu'Alexis Larrey a remporté un prix : "Nous maitre en chirurgie professeur administrateur royal aux ecolles de chirurgie certifions que le sieur Alexis Larrey etudiant en chirurgie a merité le premier prix par ses reponces sur les maladies des os pandant mon cours de l'annee 1773 a Toulouse [...] ".
On notera encore, à la fin du deuxième volume, des vers manuscrits "sur les dix paires de nerfs de la moëlle allongée", signés Alexis Larrey.
Res Med 121 900
Fabricius (Wilhem Fabri, dit de Hilden)
Guilhelmi Fabricii Hildani, ... Observationum & curationum chirurgicarum centuriæ, nunc primùm simul in unum opus congestæ, ac in duo volumina distributa. - Lugduni : sumptibus Joan. Antonii Huguetan, 1641. - 2 volumes in-4.
Cachet "Don Dazet". Cachet "Société de médecine de Toulouse".
Provenance : Société de médecine de Toulouse.
Né en Allemagne en 1560, Wilhem Fabri de Hilden fit ses études à Cologne, puis se rendit à Lausanne pour y suivre des leçons de chirurgie auprès de Jean Griffon. Ses progrès furent aussi rapides qu’éclatants. Il voyagea en Allemagne et en France, puis revint à Lausanne pour y exercer la médecine. En 1614, les magistrats de Berne le nommèrent médecin-chirurgien et citoyen de leur ville. Louis XIII le choisit pour médecin de ses ambassadeurs en Suisse.
Durant ses années d’exercice, Wilhem Fabri de Hilden a rédigé des traités d’une grande valeur, joignant constamment l’exemple au précepte.
Il fit des recherches sur le somnambulisme, les monstres, la dysenterie, la paralysie, l’apoplexie, la pleurésie, l’hydropisie et les maladies des enfants et sur la propriété des diverses eaux minérales. Il écrivit aussi sur les funestes effets de la torture, en espérant dissuader la pratique de cette barbarie. Mais c’est surtout à la chirurgie que Wilhem Fabri de Hilden doit son titre de gloire. Tout comme Ambroise Paré en France, il a d’abord procédé à l’examen des plaies, de la gangrène et des hernies, puis, à partir de ses observations, a singulièrement modifié les méthodes curatives, simplifiant ou perfectionnant un grand nombre d’instruments. Wilhem Fabri de Hilden est considéré comme le restaurateur de la chirurgie en Allemagne.
Wilhem Fabri de Hilden a rassemblé dans l'ouvrage que nous présentons un grand nombre d'observations, que ce soit les siennes propres ou celles qu'on lui a rapportées. La chirurgie se basant sur l'expérience et l'usage, ces observations sont d'un grand intérêt.
Res Med 130 973
Levacher de La Feutrie (A.-F. Thomas)
Traité du rakitis, ou l'Art de redresser les enfants contrefaits. Par M. Levacher de La Feutrie, ... - A Paris : chez Lacombe, 1772. - In-8.
Cachet "Donation Gaussail 1876-1880". Cachet "Société de médecine de Toulouse".
Provenance : Société de médecine de Toulouse.
Thomas Levacher de la Feutrie (1739-1824) fit ses études de médecine à Caen, puis se rendit à Paris où il devint docteur régent de la faculté de médecine en 1765. Il fonda la Société médicale d’émulation de Paris.
Il a publié divers articles dans l’Encyclopédie méthodique ainsi que des ouvrages de médecine : Traité du rachitis (1772), Recherches sur la pellagre (1805). Levacher de la Feutrie est aussi le traducteur d’un ouvrage en vers latins et français : L’Ecole de Salerne ou L’Art de conserver la santé.
Le rakitis ou rachitisme, sujet de cet ouvrage, est une perturbation de la nutrition des tissus qui arrêt ou trouble le développement corporel et se qui se traduit surtout par une courbure de la colonne vertébrale. L'auteur explique dans sa préface que, touché par l'infortune des enfants frappés par ce mal, il s'est renseigné sur le sujet. Il a trouvé que les anciens ne s'y étaient pas intéressés, et que parmi les Modernes, seul Glisson, médecin anglais du XVIIe siècle, avait parlé de cette maladie (dans un ouvrage que conserve aussi le SCD de Toulouse III, cote 128587 : De rachitide, sive morbo puerili, Tractatus). Levacher de La Feutrie accuse cependant Glisson d'avoir proposé une théorie erronée et de mauvais remèdes. Levacher de La Feutrie, lui, expose successivement ce qu'est le rakitis, où il se place et pourquoi, qui il touche, et comment le guérir. Il présente notamment une machine qui permet d'étendre la colonne vertébrale, présentation illustrée par des planches dépliantes gravées sur cuivre par Beyssent.
Cet exemplaire faisait partie du fond Gaussail. Adrien-Joseph Gaussail, médecin français (1808-1876), reçu docteur en 1832, se fixa à Toulouse en 1840. L'un des premiers en France, il s'efforça de faire envisager la typhoïde comme une affection générale. Directeur puis président de l'Académie des sciences de Toulouse, il fut nommé en 1852 professeur de pathologie interne à l'Ecole de médecine de Toulouse. Il a publié un grand nombre de mémoires. Membre de la Société de médecine de Toulouse, il avait souhaité lui faire don de sa bibliothèque, vœu réalisé après sa mort par sa veuve, en 1884.
Société d'histoire naturelle de Toulouse
En 1920, la Société d'histoire naturelle de Toulouse demanda le transfert de sa bibliothèque à la section médecine-sciences de la bibliothèque universitaire. Cent quatre-vingt caisses de livres, comprenant plus de 7000 volumes, furent ainsi transportées au cours de l'année 1920-21.
Res Sc 615 358
Hallé
Coléoptères et papillons. Album de planches. - 1776-1782.
Don de M. Fafeur en 1873.
Provenance : Société d'histoire naturelle de Toulouse.
Le peintre, Hallé, était membre de l'académie de peinture de Poitiers au XVIII e siècle. Nous n'avons pu recueillir d'autres renseignements sur ce personnage.
Le volume présenté est en fait un album composé de 20 planches peintes, sans texte ni légende, représentant des papillons et des coléoptères. C'est bien évidemment de par sa nature même une pièce unique et de grande valeur.
Avant de céder sa bibliothèque et donc cet ouvrage à l'université, la Société d'histoire naturelle l'avait elle-même reçu d'un certain M. Fafeur en 1873.
Res Sc 615 454
Fer (Nicolas de)
Introduction à la géographie, avec une description historique sur touttes les parties de la terre. Par N. de Fer... - Seconde édition augmentée des longitudes et latitudes des principales villes, suivant les dernières observations. - A Paris : chez le Sr Danet, 1717.
Cachet de la Société d'histoire naturelle de Toulouse.
Provenance : Société d'histoire naturelle de Toulouse.
Nicolas de Fer (1646-1720) était ingénieur et cartographe. Il avait reçu le titre de géographe du roi. Il est l’auteur de très nombreuses cartes (plus de six cents) qui n’étaient pas toujours très exactes mais qui eurent beaucoup de succès en raison de leur ornementation. Il a notamment réalisé les cartes des différentes provinces de France et de leurs principaux cours d’eau, ainsi que les plans et descriptions de quelques villes de France.
Il a publié une œuvre abondante et variée : Description d’un marais salant, Les costes de France sur l’Océan et sur la mer Méditerranée, L’atlas curieux, Introduction à la géographie, Histoire des rois de France depuis Pharamond jusqu’à Louis XV, pour laquelle il exécuta de nombreux portraits, le Jeu de la Monarchie française (sorte de jeu de l’oie), Table des forces de l’Europe…
Son Introduction à la géographie est un ouvrage de vulgarisation. Il débute par une belle mappemonde dépliante. Dans la suite de l'ouvrage, plusieurs planches gravées illustrent le texte en présentant les différents continents.
Res Sc 615 457
Spanheim (Frédéric)
Introductio ad geographiam sacram Patriarcalem, Issaelitica et Christiana... - Apud Danielem à Gaesbeesk, 1579.
Provenance : Société d'histoire naturelle de Toulouse.
Fils d’un théologien protestant et frère d’Ezéchiel, célèbre érudit et numismate, Frédéric Spanheim (1632-1701) fit ses études à Leyde avant de suivre la même voie que son père.
Après avoir prêché à Utrecht, il fut nommé en 1655 à une chaire de théologie à Heidelberg. En 1670, il accepta la chaire de théologie et d’histoire sacrée à Leyde et fut chargé en 1674 du soin de la bibliothèque de cette célèbre école, dont il fut aussi le recteur.
Il est l’auteur de soixante-quatre ouvrages qui furent réédités sous la forme d’œuvres complètes entre 1701 et 1703. Parmi ses ouvrages les plus remarquables, on peut citer : Vindiciarum biblicarum sive examinis locorum controversorum Novi Testamenti lib. III (1663), Historia Jobi, sive de obscuris historiae ejus commentariis (1670), Introductio ad geographiam sacram (1679), Summa historiae ecclesiasticae ad saeculum XVI (1689), De papa foemina inter Leonem IV et Benedictum III (1691), traduit en français sous le titre Histoire de la papesse Jeanne.
L'Introductio ad geographiam sacram Patriarcalem, Issaelitica et Christiana, livre rare, est une géographie des hauts lieux de la tradition biblique puis de l'Eglise primitive. Ainsi, Frédéric Spanheim commence par parler des sites de l'Ancien Testament, avant la sortie d'Egypte des Hébreux (Ur, Chaldée, Egypte) et après cet événement (Palestine), puis il décrit la Jérusalem ancienne. Il termine par les différents diocèses de la Rome impériale, en séparant l'Orient et l'Occident.
L'ex-libris gravé de Charles Burguet figure en face de la page de titre sur notre exemplaire.